croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Urgences : impliquer les généralistes

Pour désengorger les urgences, la régulation médicale doit être "centralisée sur le 15" et les médecins généralistes devront être incités à prendre en charge des consultations non programmées, estime le député Thomas Mesnier dans un rapport.

"Notre système de santé est arrivé à bout de souffle et sa transformation est devenue indispensable", estime le député LREM, Thomas Mesnier, médecin-urgentiste à Angoulême, dans un rapport remis ce 23 mai 2018 à la ministre de la Santé, rapporte Le Figaro. Le texte préconise 19 mesures pour désengorger les urgences. Notamment, en améliorant la prise en charge des soins non programmés qui se différencient des urgences vitales. Emmanuel Macron, qui doit présenter sa réforme du système de santé début juin, tiendra-t-il compte des propositions de Thomas Mesnier ?, interroge le quotidien.

Depuis une vingtaine d'années, la France fait face à une explosion du recours aux services d'urgence. Estimé à 7 millions en 1990, le nombre de passages dépassait la barre des 20 millions en 2015 et les appels au Samu sont estimés à 25 millions ! Les raisons sont bien identifiées. Les demandes ne cessent de croître du fait notamment du vieillissement de la population alors que le nombre de médecins généralistes diminue. "43% des passages pourraient être pris en charge en médecine ambulatoire", indique La Croix.

Conséquence ? "Au fur et à mesure, le Samu a dévié de l'essence même de l'urgence et doit répondre aux maux du quotidien", constate Thomas Mesnier. Pour remédier à ce dysfonctionnement, il préconise de supprimer tous les numéros d'urgence comme le 112, le 116 117, SOS Médecin et faire du 15 le "numéro unique de santé". Celui-ci fonctionnerait "24 heures sur 24, 7 jours sur 7". A terme, il devrait devenir un "élément obligatoire et structurant du parcours de soins, permettant d'apporter de façon constante, dans tous les territoires une première réponse pertinente à la demande de soins", souligne-t-il, dans Le Figaro.

Concrètement, les urgentistes devraient être accompagnés de médecins généralistes pour répondre aux questions. Thomas Mesnier compte sur une grande campagne d'information pour sensibiliser la population.

Autre recommandation clé : inciter les médecins généralistes à prendre davantage en charge de consultations non programmées. "Je ne parle jamais d'obligation dans le rapport mais je rappelle le principe fort de la responsabilité territoriale des professionnels de territoire de santé en matière de prise en charge des premiers soins", explique le député LREM, dans Le Figaro.

L'idée est d'encourager les médecins à s'organiser ensemble à l'aide d'un assistant chargé de la coordination de leurs activités. Cette assistance coûterait au total 72 millions d'euros par an. Enfin, le texte propose d’impliquer d'autres professionnels de santé (pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes). "Bien des demandes de soins non programmés ne nécessitent pas d'avoir fait dix ans de médecine", explique Thomas Mesnier, dans La Croix.

A lire aussi dans la presse

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)