Une loi de finances 2015 contestée

Double mission pour le gouvernement : il lui faut non seulement convaincre la représentation nationale, mais aussi Bruxelles, que son projet de budget pour 2015 tient la route, ce qui risque de n’être pas facile.

Déjà, à l’Assemblée nationale, où dé­bute cet après-midi l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2015, le ministre des Finances, Michel Sapin, et le secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert, vont devoir se montrer persuasifs, prévient La Croix (pages 2 à 4), particulièrement "face aux assauts de la droite, mais aussi d’une partie de la gauche". Encore que, ajoute Le Figaro (page 20), ce PLF "devrait susciter moins de polémiques à l’Assemblée nationale que le budget de la Sécurité sociale, qui contient des mesures d’économies controversées sur la famille".

Pour ce projet de budget construit sur une hypothèse d’une croissance à 1%, l’Etat mise sur une "équation simple", remarque Le Monde (pages 8 et 9). D’un côté, il compte "alléger la pression fiscale pour redonner du pouvoir d’achat aux ménages disposant de revenus modestes et moyens". Pour cela, il a notamment décidé de supprimer la première tranche d’impôt à 5,5%. D’un autre côté, l’exécutif parie sur une reprise des investissements grâce à des dispositifs de baisses massives de charges et de fiscalité pour les entreprises, lesquels ont déjà été adoptés avant l’été.

En quête d’équilibre, le gouvernement mise également sur la réduction des dépenses publiques, ce qui constitue le "principal cheval de bataille des députés de tout bord", écrit Le Figaro (page 21), les parlementaires souhaitant "obtenir une compensation à la baisse programmée des dotations de l’Etat de 3,7 milliards aux collectivités locales".

La décision d’annuler l’écotaxe risque également d’agiter les rangs de l’hémicycle du côté des députés écologistes ou de l’opposition, poursuit Le Figaro. La mesure qui doit la remplacer pourrait ne pas être bien accueillie non plus. La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, souhaite en effet "mettre à contribution les sociétés d’autoroutes pour compenser les 450 millions de recettes qui devaient financer des infrastructures de transport, mais leurs contrats en béton seraient difficiles à défaire".

Au total, l’exécutif table sur 21 milliards d’euros d’économies, ce qui permettrait de baisser le déficit public à hauteur de 4,3% du PIB. Un taux "loin, très loin, donc, des engagements du gouvernement devant la Commission euro­péenne", souligne Le Parisien/Aujour­d’hui­ (page 5). Aussi, pour la troisième fois, Paris va très certainement devoir demander "un délai pour rentrer dans les clous du pacte de stabilité. C’est mercredi que Bercy doit remettre sa copie…".

Clichy met sur pied une "coopérative de santé"
La commune de Clichy (Hauts-de-Seine) a inauguré, hier, sa toute nouvelle "maison de santé pluridisciplinaire". "Demeure bourgeoise réhabilitée pour l’occasion", le château de la Terrasse, érigé en 1906, va abriter sur 700 mètres carrés cette structure destinée à lutter contre la désertification médicale de cette ville, "parmi les plus pauvres de la Seine-Saint-Denis", écrit L’Humanité (page 11).

En quelques années, la com­mune a en effet "vu fondre ses effectifs de professionnels de santé", explique le quotidien, alors que les besoins de sa population ne cessent de croître. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 7 praticiens à exercer pour 10.000 habitants, soit deux fois moins que dans le département, et trois fois moins que la moyenne nationale.

Concrètement, raconte L’Humanité, 19 professionnels exerceront sur place. Parmi eux, 5 généralistes, 1 psychiatre, 1 dermatologue, 4 infirmières, 2 kinésithérapeutes ou encore 1 orthophoniste. Un cabinet dentaire, géré par la MGEN, pourrait s’installer à l’intérieur de la structure et un poste de spécialiste (pneumologue, cardiologue) reste encore à pourvoir.

La gestion de la structure (location du bâtiment à la mairie, secrétariat, administration…) est effectuée par une société coopérative d’intérêt collectif (Scic) de façon à permettre aux praticiens de se concentrer uniquement sur les tâches médicales. Ces médecins, majoritairement conventionnés en secteur 1, s’engagent à accueillir les bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU) et de l’aide médicale d’Etat (AME).

Frédéric Lavignette