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Une carte de France à treize régions

Il aura fallu trente heures de débats, dont une nuit blanche, pour que les députés viennent à bout, samedi matin, de l'examen du premier volet de la réforme territoriale, qui dessine une nouvelle carte de France à treize régions, résume La Croix (page 8). Le vote de ce texte, qui prévoit également le report des élections départementales et régionales de mars à décembre 2015, aura lieu mercredi.

Le nombre de régions est ainsi réduit de 22 à 13 (contre 14 prévues au départ). Ainsi, le projet prévoit la fusion des régions Poitou-Charentes et Limousin avec l'Aquitaine, le rattachement de Champagne-Ardenne à l'Alsace et la Lorraine, et l'union du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie. Pour sa part, Martine Aubry s'oppose à la fusion de ces deux régions, qu'elle qualifie d'"aberration économique et sociale". "Nous connaissons nos régions, a déclaré la maire de Lille, citée dans Les Echos (page 3). Nous savons qu'elles sont plantées par la crise, avec d'immenses problèmes de jeunes au chômage. Deux régions pauvres n'ont jamais fait une région riche." "Nous sommes pour une grande région, voire une très grande région, mais nous voulons avoir le temps de préparer les choses, a ajouté Martine Aubry, reprise également dans Le Monde (page 8). Nous ne sommes pas en train de faire un Monopoly ou de jouer à Sim City."

Le Premier ministre a aussitôt répliqué dans Le Journal du dimanche (page 6) : "Je n'avais qu'un objectif, avoir une majorité la plus large possible pour cette réforme territoriale, explique-t-il. Je rediscuterai avec les élus du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, mais je trouve que la réaction de Martine Aubry est disproportionnée." La maire de Lille propose un autre découpage. Les deux régions resteraient séparées jusqu'en 2016, le temps de réfléchir à un mariage à quatre avec la Haute et la Basse Normandie, précise La Croix.

La carte des régions sera "peut-être amenée à évoluer", a assuré le rapporteur du projet de loi, Carlos da Silva. Les départements pourraient avoir le droit de changer de régions à partir de 2016. Mais ce transfert serait très encadré, voire "verrouillé", selon les détracteurs du projet. Il devra être approuvé par une majorité des trois-cinquièmes du conseil général et des deux conseils régionaux concernés.

La Loire-Atlantique pourrait utiliser cette possibilité pour rejoindre la Bretagne, estime La Croix. Mais aussi le Territoire-de-Belfort et le Jura, tentés de quitter la Franche-Comté pour rejoindre respectivement la nouvelle région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne et la fu­ture grande région Auvergne-Rhône-Alpes. A l'extrémité de la nouvelle région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le Gard demanderait à bénéficier du droit d'option pour se tourner vers la région Paca. Un éparpillement redouté par le gouvernement.

 

Economie sociale : "changer d'échelle"

L'Assemblée nationale doit définitivement adopter aujourd'hui le projet de loi sur l'économie sociale et solidaire (ESS). Dans la rubrique Rebonds de Libération (page 24), Claude Alphandéry, président du Labo de l'économie sociale et solidaire, qualifie ce texte d'"avancée majeure".

"Nombreuses, utiles, efficaces, parfois exemplaires, les entreprises de l'ESS ne sont pourtant pas à la mesure des besoins individuels et collectifs insatisfaits, ni à celle du chômage et de la précarité de l'emploi", estime Claude Alphandéry. Pour lui, l'ESS doit donc se renforcer. "Changer d'échelle, créer de nouvelles activités, former des porteurs de projets, tout en se conformant au mieux à ses principes, en veillant à son fonctionnement démocratique, au dialogue social, aux conditions de travail de ses salariés."

Par ailleurs, estime le président du Labo de l'ESS, "la loi sur l'ESS est insuffisante si elle reste fermée sur elle-même, si elle ne s'inscrit pas dans l'ensemble des politiques publiques". L'Etat, poursuit-il, doit "se saisir pleinement de l'ESS et des alternatives qu'elle ouvre vers de nouveaux modes de production, d'échanges, de consommation et de bien vivre ensemble en harmonie avec l'environnement", conclut Claude Alphandéry.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)