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Un tiers des Français renoncent aux soins

Vingt-neuf pour cent des Français "disent avoir reporté des soins médicaux ou renoncé à ceux-ci en raison de difficultés financières au cours de l’année écoulé". C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé pour le compte d’Europ Assistance et du Cercle santé, et que rapportent Les Echos (page 4).

Comme le souligne le quotidien économique, ce taux est "un des plus élevés d’Europe : seule la Pologne fait moins bien (36%). Cette proportion ne cesse de progresser d’année en année". En effet, en 2010, 23% de nos concitoyens se dispensaient de soins par manque d’argent. Ils n’étaient "que" 11% en 2009.

"Dans les trois quarts des cas, ces renoncements ou reports concernent des soins dentaires, 12% s’appliquent à des soins courants et 6% concernent l’achat de médicaments", précisent Les Echos.

Autre résultat : en France, 51% des citoyens estiment que l’égalité dans l’accès aux soins n’est pas garantie dans leur pays, contre 61% aux Etats-Unis et 67% en Allemagne.

Le constat des Français sur leur système de santé est tout aussi défavorable. Préoccupés par la pénurie de généralistes (58%) et par les risques d’infections contractées à l’hôpital (41%), 53% des sondés redoutent également "un défaut d’argent public dans le futur". Ils sont 50% à anticiper une hausse des prix médicaux. Pour renflouer les caisses, 33% de nos concitoyens préconisent le recours à l’impôt et "26% accepteraient une augmentation des franchises".

A lire aussi dans la presse - 56 médicaments sous surveillance

Alors que les députés poursuivent l’examen du projet de loi de réforme du système de sécurité sanitaire, l’Agence fran­çaise de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) va publier la liste réactualisée de "médicaments sous surveillance" que Le Monde (page 12) s’est procurée.

En janvier dernier, l’Afssaps avait déjà dressé une liste de 77 spécialités. Seu­lement, explique le quotidien, ce document élaboré "à la demande pressante du ministère de la Santé, mêlait médicaments surveillés du fait de signaux d’alerte à d’autres suivis de près, car ils venaient d’être lancés sur le marché". Suite à cette publication, huit médicaments avaient été retirés du marché.

"Dans un souci de lisibilité", remarque La Tribune (page 14), cette nouvelle liste mentionne 56 médicaments. Neuf d’entre eux sont en cours de réévaluation de leur rapport bénéfice/risque, 19 sont en suivi national de pharmacovigilance et 28 sont suivis dans le cadre d’un plan de gestion des risques (PGR), indique Le Monde.

Parmi les 9 produits en cours de réévaluation figurent, entre autres, des sirops antitussifs contenant de pholcodine et du ferrisat en raison des réactions allergiques qu’ils occasionnent. On trouve également des médicaments contre les infections urinaires contenant du nitrofurantoïne pour leur toxicité hépatique et pulmonaire. Mais aussi le Trivastal® et le Vastarel®, tous deux commercialisés par les laboratoires Servier. Utilisé dans le traitement prophylactique de l’angine de poitrine, le premier traitement provoque des somnolences, tandis que le second "peut entraîner des syndromes parkinsoniens et une baisse des plaquettes".

En revanche, le Protelos®, fabriqué également par Servier n’est pas menacé par l’Afssaps, signale Le Figaro (page 13). Sur la sellette depuis plusieurs mois en raison de risques d’accidents thromboemboliques, ce traitement contre l’ostéoporose post-ménopause reste maintenu sur le marché, "sous réserve de l’aval" du directeur général de l’Agence. Comme le signalent Les Echos (page 23), pour la Haute Autorité de santé, le Protelos® présente "un intérêt clinique modéré, limité à une population restreinte".

"En raison de signaux d’alerte", 19 mé­dicaments ou classes thérapeutiques font l’objet d’un suivi national de pharmacovigilance, ajoute Le Monde. Parmi eux, on trouve l’anti-inflammatoire Ketum®, le traitement hormonal pour la thyroïde Lévothyrox®, certains antidépresseurs, collyres, immunoglobulines et autres sclérosants veineux.

Enfin, un plan de gestion des risques (PGR) va concerner 28 autres produits parmi lesquels le traitement antitabagique Champix® ou encore Alli®, utilisé pour la perte de poids.

A lire aussi dans la presse - Génériques : la France encore trop chère

La France est le pays européen où le prix des génériques est le plus élevé. "Alors qu’un comprimé de médicament générique est vendu en moyenne 15 centimes, indique la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), il est facturé 7 centimes en Grande-Bretagne et 12 centimes en Allemagne."

Pour le directeur de la Cnam, cette situation s’explique pour une raison simple : les génériques sont "moins chers dans les pays qui mettent en concurrence les fabricants". En Allemagne, remarque Le Figaro (page 22), des appels d’offres sont lancés par les caisses d’assurance afin de négocier avec les génériqueurs. En France, au contraire, "le prix est calculé non pas en fonction de la meilleure offre mais en pourcentage du prix du médicament d’origine".

Pour Frédéric van Roekeghem, notre pays devrait s’inspirer de ces mécanismes concurrentiels, car si l’on calait par exemple les prix français sur ceux de nos voisins britanniques, "les gains pourraient atteindre un milliard d’euros".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)