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Un système de soins d’une « opacité totale »

"Quel est le coût réel de la santé en France ?", interroge la "une" du Monde, qui souligne que la multiplication des tarifs et des déremboursements a rendu les décomptes incompréhensibles aux assurés sociaux. Avec la création au 1er janvier, d’une nouvelle vignette de remboursement des médicaments à 15%, "la tâche ne devrait pas leur être simplifiée en 2010", constate le quotidien du soir, qui retrace les étapes au cours desquelles s’est constituée cette jungle tarifaire.

La diversification des tarifs remonte aux années 1980, marquées par la création du secteur 2. Une décision qui a débouché sur la généralisation des dépassements d’honoraires, désormais considérés comme l’un des points noirs du système, souligne Le Monde. "Mais c’est surtout dans les années 2000 que le système de soins s’est singulièrement complexifié", avec notamment la création du parcours de soins, la franchise sur les médicaments ou encore la participation forfaitaire de 1 euro sur les consultations.

Globalement, "les remboursements des soins courants baissent. Or ils sont très im­portants pour la population", souligne Didier Tabuteau, dans un entretien au Monde (page 9). Le responsable de la chaire Santé à Sciences-Po propose à ce sujet la création d’un nouvel indicateur qui serait le "taux apparent" de remboursement, soit "le niveau de remboursement des soins hors hospitalisation et ALD".

Selon Le Monde, les offres des complémentaires santé sont aussi devenues difficilement compréhensibles par les particuliers. "Les mutuelles apportent le complément des remboursements de l’assurance maladie. Dans un système qui s’est complexifié au point de devenir d’une opacité totale, leur intervention ne peut être d’une lisibilité parfaite", explique dans ses colonnes Jean-Pierre Davant, le président de la Mu­tualité Française. Pour clarifier leurs offres de remboursement, les complémentaires santé réfléchissent actuellement à un glossaire commun rédigé en euros et non en pourcentage des tarifs de la Sécu.

Concernant la hausse de ces tarifs en 2010, évoquée dans Les Echos (page 27), Jean-Francis Pécresse prône l’indulgence et estime, dans son éditorial (page 14) que "les mutuelles de santé ne devraient aucunement être blâmées pour la hausse de tarifs qu’elles imposent cette année à leurs adhérents". "Nombre de ces organismes à vocation sociale et à but non lucratif tentent d’amortir la répercussion de l’envolée de leurs coûts", ajoute l’éditorialiste. "Les complémentaires affichent le prix visible du système de soins. Cela les expose à un ressentiment croissant. Face cachée du coût de la santé, l’accumulation des déficits de la Sécurité sociale ne soulève pas tant d’indignation", fait remarquer Jean-Francis Pécresse.

A lire aussi dans la presse - MGEN : nouvelle rente dépendance

Une nouvelle prestation dépendance intégrant une rente mensuelle et le financement de services d’aide à domicile. C’est ce que propose désormais la Mutuelle générale de l’Education nationale (MGEN) à tous ses adhérents et à leurs conjoints bénéficiaires "sans questionnaire médical", relèvent Les Echos (page 27), soulignant que "la MGEN a souhaité prendre le problème de la dépendance à bras-le-corps". Cette rente dépendance fait partie des nouvelles prestations annoncées en juillet dernier à l’occasion de l’assemblée générale de la première mutuelle santé française. L’ensemble de ces nouvelles garanties représente "139 millions de prestations en plus", précise le quotidien qui annonce, pour 2010, une hausse des cotisations de la MGEN de 12% pour les actifs et de 15,5% pour les retraités.

L’intégration de nouvelles prestations ne justifie pas à elle seule la hausse des cotisations. "Nous n’avions pas augmenté nos cotisations depuis 2003 pour les actifs et depuis 2005 pour les retraités", fait valoir Jean-Louis Davet. Pour le directeur du groupe MGEN, "l’écart par rapport au marché est donc plus important quand nous sommes en période de rattrapage". "En moyenne", indiquent Les Echos, les complémentaires santé vont augmenter leurs tarifs de "4 à 8%" en 2010.

A lire aussi dans la presse - "PSM répond à une vraie demande"

Priorité santé mutualiste (PSM), un service téléphonique créé en juin par la Mutualité Française, permet aux bénéficiaires des mutuelles adhérentes d’obtenir gratuitement des réponses à leurs questions, explique France-Soir (page 34). "A ce jour, environ 22 millions de personnes sont concernées en France", précise Bérénice Lévénez, directrice de PSM. "Six mois après son lancement, nous constatons que ce programme répond à une vraie demande de nos adhérents", constate-t-elle.

Une formule qui fonctionne bien puisqu’environ 10.000 questions ont trouvé une réponse, souligne France-Soir, qui annonce que "Priorité santé mutualiste ne compte pas s’arrêter là : en 2010, les thématiques liées aux problèmes visuels seront abordées".

Sabine Dreyfus et John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)