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Tiers payant généralisé : « Une mesure de bon sens »

Selon MG France, syndicat majoritaire chez les médecins généralistes, plus de la moitié des cabinets des praticiens étaient fermés hier. Aujourd'hui, préviennent Les Echos (page 4), la grève des gardes devrait se poursuivre, car le syndicat a appelé à une journée morte. Au cœur des revendications figurent non seulement une réévaluation de 23 euros à 25 euros du tarif de la consultation, mais surtout le retrait de la mesure phare de la loi santé de Marisol Touraine : la généralisation du tiers payant.

Avec ce dispositif déjà adopté dans 25 des 28 pays membres de l'Union européenne, "les assurés n'auraient plus rien à avancer. Les médecins seraient payés directement par l'assurance maladie et les mutuelles", rappelle Libération (pages 2 à 5). Or, c'est justement ce qui les effraie le plus. Compte tenu du "nombre très élevé de complémentaires", beaucoup redoutent des retards de paiements dus à des "difficultés techniques".

Certains généralistes et syndicats seraient même "prêts à accepter le tiers payant si l'idée d'un seul payeur était retenue : l'assurance maladie paierait alors les médecins et se tournerait ensuite vers les 500 à 600 mutuelles existantes pour récupérer leur part", détaille Eric Favereau.

Les mutuelles, on le voit, sont le "point névralgique du dispositif", souligne le quotidien qui précise que ces dernières réfutent "les griefs de complexité administrative" autour du tiers payant.

Une fois le nouveau système de carte Vitale opérationnel, "il sera aussi facile de régler sa consultation qu'avec une simple carte bancaire", assure dans ses colonnes le président de la Mutualité Française. Etienne Caniard s'engage "à ce qu'il n'y ait pas de charge administrative supplémentaire pour les professionnels de santé" afin d'obtenir leurs remboursements.

Le tiers payant est "une mesure de bon sens, qui s'imposera d'elle-même", ajoute-t-il au micro de France Info, dans "L'interview Eco". "Quand il y a eu la carte Sesam Vitale et la télétransmission, rappelle-t-il, les médecins étaient opposés à ces techniques. Aujourd'hui cela permet aux assurés sociaux d'être remboursés en trois jours. (…) C’est un outil maintenant intégré dans les pratiques." "Pourquoi ce qui fonctionne pour l'ensemble des achats chez tous les commerçants avec des centaines d'établissements bancaires, ne fonctionnerait pas pour la santé ?", poursuit-il sur France Info, cité par le site Internet du Quotidien du médecin.

Peut-être parce que la généralisation du tiers payant risque de "révéler certaines pratiques", notamment en matière de dépassements d'honoraires ?

Mais s'opposer à cette mesure frôle "l'irrationalité", juge-t-il ce matin sur RMC. Dans deux ans, détaille Etienne Caniard, "l'assuré social introduira sa carte Vitale dans le lecteur de carte du médecin qui se mettra en contact automatiquement avec un serveur commun à l'ensemble des mutuelles, assurances et instituts de prévoyance. Il vérifiera les droits complémentaires et le paiement sera déclenché". "J’ai pris l'initiative de réunir en novembre dernier l'ensemble des acteurs, mutuelles, assureurs et institutions de prévoyance, ajoute-t-il au micro de Jean-Jacques Bourdin. Nous travaillons ensemble depuis plusieurs mois et  nous avons deux ans devant nous pour terminer l'ensemble des travaux d'harmonisation des normes, de mise en commun des données, et nous travaillons avec les éditeurs de logiciels qui permettront d'intégrer ces fonctionnalités dans les outils des médecins. Il n'y a donc pas de crainte à avoir, personne n'a envie d'alourdir la tâche administrative des médecins."

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)