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Tabac : pressions pour le paquet à 10 euros

Sous l'égide de l'Alliance contre le tabac, des professionnels de santé ont lancé le 18 octobre 2016 un appel aux candidats à la présidentielle pour intensifier la lutte contre ce produit. Leur objectif : le paquet de cigarettes à 10 euros.

L'Alliance contre le tabac, présidée par la députée (PS) de Gironde, Michèle Delaunay, a lancé le 18 octobre 2016 un appel aux candidats à l'élection présidentielle sur la question du tabac. L'objectif est de recueillir  100.000 signatures de médecins, de pharmaciens de chirurgiens-dentistes, d'infirmières, de kinésithérapeutes, de sages-femmes, d'aides-soignants... désireux d'intensifier la lutte contre le tabac, rapporte La Croix,
En la matière, cet "appel des 100.000" soumet les candidats à une question concrète : "Etes-vous favorable à ce que le paquet de cigarettes passe à 10 euros en France ?"

"Une augmentation forte" des prix du tabac est en effet à leurs yeux le moyen le plus efficace pour faire chuter la consommation, quitte à mécontenter les buralistes. Ceux-ci, relèvent la Croix, devraient s'empresser de faire valoir le risque de creuser un peu plus les inégalités sociales, les classes populaires fumant davantage que les classes supérieures. "Entre 2000 et 2008, écrit le quotidien, le tabagisme a nettement diminué parmi les cadres, peu parmi les ouvriers et pas du tout parmi les chômeurs."

Or, selon les promoteurs de l'appel, le constat relève du "désastre sanitaire" : le tabac est responsable de 78.000 morts par an en France, soit 220 décès par jour. Un fumeur vit en moyenne 15 ans de moins qu'un non-fumeur et un fumeur sur deux meurt prématurément.

A cela s'ajoute le "désastre financier" occasionné par le tabagisme : 25,9 milliards d'euros par an (soit trois fois le déficit de la Sécurité sociale), alors qu'il ne rapporte que 14 milliards d'euros via les taxes.

Sans attendre l'élection du nouveau chef de l'Etat, des mesures pourraient tout de même être prises par l'actuelle majorité, préviennent Les Echos.

De fait, "en 2017, le prix du tabac pourrait repartir à la hausse, après deux années de répit". Examiné depuis mardi en commission des Affaires sociales à l'Assemblée nationale, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2017 contient en effet plusieurs dispositions visant à "accroître la pression fiscale sur cette industrie".

Pour ce faire, "le texte du gouvernement prévoit de relever le droit d'accise proportionnel sur le tabac à rouler (16% des ventes de tabac), avec pour objectif d'accroître la pression fiscale de 15%. Logiquement, les fabricants devraient relever leurs prix afin de ne pas perdre au change". Michèle Delaunay, qui est aussi rapporteure du volet assurance maladie du PLFSS, plaide pour une hausse du "minimum de perception" (plancher en dessous duquel le montant de la taxe ne diminue plus lorsque le prix descend) à 170 euros le kilo, dès janvier 2017.

Ceci vaut seulement pour le tabac à rouler, observent Les Echos, car la députée "n'envisage pas de faire de même pour les cigarettes".

La pression fiscale sur l'ensemble des prix du tabac devrait toutefois continuer à augmenter, souligne le quotidien, notamment via la taxe de 5,6% sur le chiffre d'affaires des distributeurs, qui sera répercutée sur les fabricants. Mais selon les calculs des anti-tabac, ce mécanisme ne provoquerait qu'une augmentation de 4 centimes par paquet.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)