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Syndrome d’Asperger : l’importance d’une prise en charge adaptée

S'ils bénéficiaient d'un diagnostic précoce et d'une réhabilitation psychosociale, les enfants et les adultes atteints du syndrome d’Asperger, autrement appelé "trouble du spectre autistique (TSA) de haut niveau", pourraient s'épanouir normalement. Malheureusement, regrette dans Le Figaro (page 10) la professeure Marion Leboyer, responsable du pôle de psychiatrie au CHU de Mondor à Créteil, "les comptes n'y sont pas".

Quand elles ne sont pas prises en charge, estime celle qui dirige également la Fondation FondaMental, dédiée à la recherche et aux soins en santé mentale, les personnes victimes de TSA de haut niveau courent le risque de "se retrouver en marge de la société ou de développer des troubles anxieux, une dépression, voire des addictions".

Ces victimes, dont les garçons sont quatre à cinq fois plus nombreux que les filles, ont en effet des difficultés à exprimer leurs émotions et à s'adapter aux codes sociaux : elles interprètent par exemple mal l'humour ou le second degré et, parce qu'elles ne parviennent pas à se mettre à la place d'autrui, sont souvent accusées de manquer d'empathie.

Bien souvent, souligne le docteur Julien Dubreucq du Centre expert FondaMental Asperger de Grenoble, certaines personnes atteintes de TSA sont assimilées à des génies, par le simple fait que leur mémoire visuelle est exceptionnelle et qu'elles font preuve d'excellentes compétences dans quelques domaines.

En réalité, ces "aspies" comme ils se surnomment parfois, s'appuient sur un sens aigu de l'observation pour exprimer ce qu'ils ressentent en imitant les autres et en faisant tout simplement illusion. Une gymnastique qui leur demande "un effort énorme", susceptible de les conduire à l'épuisement psychique.

Il faut compter deux jours de bilan dans le Centre expert pour diagnostiquer ce syndrome, indique le Pr Manuel Bouvard du CHU de Bordeaux. Selon ce représentant du pôle de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au Centre expert FondaMental pour les TSA de haut niveau, "chez l'enfant, c'est surtout à partir de 7 ans que la question de faire ce bilan peut se poser car les difficultés relationnelles sont alors au premier plan".

La prise en charge, quant à elle, ne requiert pas le recours au médicament mais un apprentissage des codes sociaux appropriés. Le sujet atteint de TSA de haut niveau est confronté à différentes situations bénignes. Par exemple, comment réagir à une nouvelle, identifier une plaisanterie ou un ordre, s'adapter à certaines situations qui peuvent être déstabilisantes, telle que l'annulation d'un train. En somme, tout ce qu'un sujet "neurotypique" perçoit naturellement et gère sans trop de diffultés. "Ce parcours de réhabilitation dure entre six mois et deux ans et demi en moyenne", écrit le quotidien. C'est à ce prix que deviennent possible un épanouissement personnel et professionnel.

 

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)