croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Soins optiques et dentaires : 4,4 milliards d’euros pour la mesure Macron

Parmi ses propositions de campagne en vue de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron avance l'idée du remboursement à 100% de l'optique, des soins dentaires et des prothèses auditives. Une option coûteuse et encore floue sur ses modalités de financement.

En réponse aux premières propositions de François Fillon en matière de santé, ses adversaires à l'élection présidentielle surenchérissent d'initiatives sur l'avenir de l'assurance maladie. De fait, observe Etienne Lefebvre dans un édito dans Les Echos, ces derniers "se lancent dans un concours Lépine de nouvelles dépenses", comme si notre système de protection sociale n'était pas confronté" à des défis financiers considérables".

Comme il l'a annoncé le 6 janvier 2017, Emmanuel Macron s'est par exemple fixé un "objectif de 100% de prise en charge d'ici à 2022" des lunettes, des prothèses dentaires et de l'audition.

Une promesse qui "fait rêver, même si elle n'est pas très claire", ne manque pas de souligner le quotidien économique. En effet, il n'a nullement indiqué qui paiera ce qui s'apparente à la fin du reste à charge pour ces soins : "La Sécurité sociale ou les mutuelles ?", s'interrogent Les Echos qui ont sorti leur calculatrice.

A priori, "si l'on raisonne toutes choses égales par ailleurs, c'est-à-dire sans interdire les dépassements et sans plafonner les tarifs libres", la suppression du reste à charge pour les soins d'optique, dentaires et audio-prothétiques devrait s'élever, au minimum, à 4,4 milliards d'euros par an.

En effet, en 2015, d'après les chiffres du ministère de la Santé, les lunettes et les lentilles correctrices ont coûté aux ménages 1,48 milliard d'euros, les soins dentaires 2,43 milliards. Pour ce qui est des prothèses auditives, en 2011, les Français ont déboursé de leur poche 462 millions d'euros. C'est sur ces derniers équipements que la part du reste à charge est la plus élevée : elle s'élève à 56%, contre 24,1% pour l'optique.

En volume, poursuivent Les Echos, le principal reste à charge est dû aux soins dentaires. Rien d'étonnant puisque les honoraires sont libres et la part remboursée de la Sécurité sociale quasi-nulle. En 2015, sur les 10,7 milliards d'euros de dépense en soins dentaires, 22,7% ont été directement financés par les ménages.

Au vu de ces chiffres, se pose donc la question du bouclage financier de la mesure d'Emmanuel Macron, écrit Etienne Lefebvre. Aussi, le candidat va-t-il "devoir muscler et préciser son programme pour la santé, s'il ne veut pas être taxé de simple opportunisme suite aux déboires de François Fillon".

A lire aussi dans la presse

 

 

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)