Sida : fin de l’épidémie d’ici à 2030 ?

"Si nous accélérons l’ensemble de la mise à niveau en matière de VIH, d’ici à 2020, nous serons sur la bonne voie pour mettre fin à l’épidémie d’ici à 2030. Sinon, cela peut prendre une décennie, voire davantage", a déclaré Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida, en présentant son bilan annuel sur l’épidémie. "Un objectif qui implique de parvenir à réduire de 90% les nouvelles infections, de diminuer de 90% les discriminations liées au sexe, à l’orientation sexuelle, aux groupes vulnérables comme les prisonniers, les travailleurs du sexe ou les usagers de drogues", explique Le Monde (page 5).

Le rapport d’Onusida souligne que le nombre de décès dus à la maladie a nettement reculé en 2013 : –11,8% en un an, soit la plus forte chute depuis le pic de l’épidémie en 2005. Mais le bilan reste tout de même de 1,5 million de morts. "Chaque jour, 5 700 personnes sont infectées par le virus", rappelle le quotidien. Avec 24,7 millions de malades, dont 58% de femmes, l’Afrique subsaharienne reste la zone la plus touchée. On y dénombre près de 70% des nouvelles infections et 1,1 million des décès liés au VIH. Ce qui s’explique principalement par un accès insuffisant aux traitements antirétroviraux (67% des hommes et 57% des femmes). Les deux pays africains les plus touchés sont l’Afrique du Sud et le Nigeria, où vivent respectivement 18% et 9% des personnes infectées par le virus dans le monde.

Avec 4,8 millions de personnes infectées, l’Asie et la zone Pacifique représentent le deuxième foyer mondial d’épidémie de sida. Cependant, un net recul du nombre de nouveaux cas a été constaté en 2013, comme en Afrique subsaharienne, en Amérique latine ou aux Caraïbes. En revanche, les nouvelles infections sont en hausse en Europe occidentale et centrale ainsi qu’en Amérique du Nord (+8%), en Europe de l’Est et en Asie centrale (+5%). L’Afrique du Nord et le Moyen Orient ont eux aussi connu une augmentation de 7%.

La tâche des Nations unies est immense. En effet, sur les 35 millions de personnes infectées par le virus dans le monde, plus de la moitié (19 millions) ignorent leur séropositivité car elles sont marginalisées, criminalisées ou discriminées, souligne Le Monde. Onusida souhaite donc que ces personnes puissent bénéficier d’un dépistage dans les cinq ans. C’est dans ce contexte marqué par un bilan contrasté de l’épidémie que s’ouvrira dimanche, à Melbourne (Australie), la 20e conférence internationale sur le sida.

 

Chikungunya : éviter la contagion en métropole

"Nous ne sommes pas encore arrivés au pic de l’épidémie [aux Antilles] et il y a un vrai risque de voir la propagation de la maladie exploser dans les prochaines semaines", estime, dans Le Monde (page 8), Harold Noël, épidémiologiste au département des maladies infectieuses de l’Institut de veille sanitaire (InVS). Cette aggravation possible de la situation à la Guadeloupe et à la Martinique fait courir le risque d’un début d’épidémie en métropole. Déjà 148 cas importés de chikungunya sont recensés, sans compter quatre personnes qui ont, de surcroît, été infectées par le virus de la dengue, transmise par la même famille de moustiques, rappelle Le Figaro (page 9).

"Plus de 95% des cas ont été contractés aux Caraïbes", précise Harold Noël. De son côté, Anna-Bella Failloux, responsable du laboratoire Arbovirus et insectes vecteurs à l’institut Pasteur, s’alarme du fait que "pour la métropole, tous les voyants sont au rouge. Le moustique-tigre (Aedes albopictus), qui pourrait être le vecteur du chikungunya, est présent dans dix-huit départements du sud de la France et dans vingt pays européens. […]. Pendant la période estivale, les moustiques pullulent massivement et les vacanciers de retour des Caraïbes peuvent être porteurs du virus responsable de la maladie. Des cas autochtones pourraient donc se développer".

Un départ d’épidémie est-il possible ?, interroge Le Monde. "Pour la France métropolitaine, il y a un risque, mais il est plus limité, estime Harold Noël. C’est en tout cas sans commune mesure avec ce qui se passe dans les Caraïbes et bientôt dans toutes les Amériques."

John Sutton

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