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Service minimum : rentrée à risque

La rentrée sociale sera agitée : c'est le sentiment partagé par la plupart de vos quotidiens. Pour Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3), le Premier ministre a mis "le feu aux poudres" en n'excluant pas, mardi soir sur France 3, d'étendre le principe du service minimum à l'Education nationale. Lors d'une réunion intersyndicale consacrée à "l'organisation de la mobilisation contre les éventuelles suppressions de postes en 2008", plusieurs syndicats enseignants, comme l'Unsa-éducation et la FSU, ont estimé que "le gouvernement accumule les sujets de conflits" et promis une action "à la hauteur des menaces", indique Le Monde (page 9).

En réponse, le ministre de l'Education nationale cherche "à calmer le jeu", indiquent Les Echos (page 3). "Pour l'heure, il n'y a qu'un seul service minimum qui est envisagé, c'est celui des transports", a affirmé Xavier Darcos. Toutefois, "cela n'empêche pas de réfléchir à moyen terme à des dispositifs d'accueil, de continuité du service public dans l'Education nationale", a t-il poursuivi.

Il est vrai que les jours de grève peuvent être problématiques pour certains parents, estime Libération (pages 2 et 3), car "il n'existe aucune réglementation garantissant la garde des élèves des écoles maternelles et primaires". Des enseignants non grévistes peuvent à la rigueur accueillir les élèves, mais cela n'est pas une obligation. Dans le secondaire, en revanche, "le directeur est en principe obligé de garder l'établissement ouvert, même si le personnel n'est pas là pour surveiller les collégiens".

Selon Le Figaro (page 7), les parents d'élèves "se réjouissent" de cette perspective. "Nous sommes satisfaits qu'on prenne en considération nos demandes", déclare la présidente de la Peep, Anne Kerkove. Pour sa part, la présidente de la FCPE est "plus sceptique", indique ce quotidien. Pour Faride Hamana, "tout dépend des conditions d'accueil des élèves. S'ils sont entassés à 50 par classe, ou que l'encadrement n'est pas assuré par des personnels qualifiés capables d'assurer la sécurité, c'est encore pire".

Pour l'heure, note La Tribune, cinq syndicats de l'Education nationale ont annoncé une journée de grève pour l'automne. Selon Libération, "le fantôme de l'extension" de ce service minimum planerait aussi sur les autres services publics, notamment La Poste. D'où la question que pose La Tribune : "L'état de grâce dont bénéficie Nicolas Sarkozy depuis son élection résistera-t-il à la poursuite des réformes ?"

A lire aussi – Regards croisés sur le suicide au travail

En début de semaine, deux suicides ont eu lieu sur le lieu de travail. Ils concernent un employé de l'usine automobile PSA et une femme ingénieure, qui s'est défenestrée du siège parisien du groupe nucléaire Areva. Comme l'explique le psychiatre Didier Cremniter, interrogé par Le Figaro (page 9), "ce genre de conduite de destruction risque d'entraîner d'autres comportements extrêmes". En milieu professionnel, explique-t-il, "l'identification à la souffrance de l'autre, la culpabilité et la peur que ce genre de phénomène devienne explosif font partie des comportements les plus observés". C'est pourquoi "les réactions sont maximales dans les heures et les jours qui suivent".

Interrogée par Le Parisien/Aujourd'hui (page 10), Annie Thebaud-Mony, sociologue à l'Inserm, estime que "les dispositifs de prévention, comme les observatoires du stress ou les numéros verts mis en place chez Renault ou Peugeot, sont inadaptés car ils “psychologisent “le problème au lieu d'interroger les formes d'organisation du travail qui poussent les salariés au suicide". De plus en plus soumis à la performance et à l'obligation productiviste, le salarié qui ne se plie pas au rendement "est disqualifié, voire humilié", affirme-t-elle.

Certains syndicats ou des médecins du travail tentent de prendre ce problème à bras le corps. Mais d'une façon globale, poursuit Annie Thebaud-Mony, "la médecine du travail, son statut de dépendance vis-à-vis de l'employeur, fait qu'elle intervient peu."

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)