Semaine européenne de la vaccination : retrouver la confiance

Entre les Français et les vaccins, la confiance semble progressivement se rompre. L'un des buts de la Semaine européenne de la vaccination, lancée hier par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, est donc de renouer des liens indispensables à la prévention médicale.

Selon une récente étude que rappellent Les Echos (page 16), 71% de nos concitoyens faisaient confiance aux vaccins en 2013. Derrière cette absence d'unanimité se devinent les récentes affaires qui ont entaché l'image de certains produits. "Les procès intentés récemment contre Sanofi Pasteur et GSK pour leurs vaccins contre le col de l'utérus ou l'hépatite B en témoignent", écrit le quotidien économique.

Ainsi le Gardasil®, vaccin contre le cancer du col de l'utérus, rappelle Le Pari­sien/Au­jourd'hui (page 13), a été fin mars "au coeur d'une pétition signée par plus de 400 médecins qui réclament la mise en place d'une mission parlementaire pour se prononcer sur le bien-fondé de cette vaccination promue par le ministère de la Santé". A son sujet, la ministre de la Santé a annoncé quelques aménagements. Tout d'abord, les jeunes filles ne recevront plus trois doses comme c'est actuellement le cas mais deux doses. Par ailleurs, et quel que soit le sérum, un suivi de vaccination par le pharmacien sera prochainement mis en place.

Autre élément explicatif de la défiance de la population : la gestion calamiteuse de la campagne de vaccination contre le virus H1N1, laquelle a "nourri le doute et eu un impact négatif sur le taux de vaccination contre la grippe saisonnière, en particulier chez les groupes les plus à risques, comme les personnes âgées", indiquent Les Echos.

Enfin, la stratégie du gouvernement vis-à-vis de la vaccination n'est pas toujours très compréhensible, ajoute le journal. Faut-il vacciner systématiquement la population, un choix qui sera nécessairement coûteux ? Si non, quel sera le coût, bien plus élevé, des séquelles à long terme ? Les Britanniques ont choisi la première solution concernant la méningite à méningocoque B. Cette méningite représente dans l'Hexagone 500 cas par an : 7 à 8% des patients touchés en meurent, 6% des survivants sont porteurs d'handicaps physiques graves et 30% de séquelles neurologiques. Le coût d'un vaccin en pharmacie est de 95 euros. Or, les montants de prise en charge pour les survivants atteignent entre 3,4 et 4,6 millions d'euros par personne.

 

Le "Jeudi" de la vaccination avec la Mutualité

La Mutualité Française est partenaire des"Jeudis de la santé", organisés par le quotidien Libération. Dans ce cadre, un débat s'est tenu le 10 avril sur le thème : "Vaccine or not vaccine ?", en présence du député et médecin Gérard Bapt, de l'immunologiste Brigitte Autran et de l'industriel Serge Montero. La première édition de ces "Jeudis de la santé" a porté sur "Sécu et mutuelles, marions-les !". Prochain débat : le 12 juin sur "l'open data".

 

Les médecins retraités en activité

Par dévouement, et pour faire face à la pénurie de praticiens dans certaines régions, les médecins retraités reprennent du service. Au 1er janvier 2013, écrit Le Parisien/Au­jourd'hui (page 9), le nombre de médecins retraités cumulant une activité était de 10.952. En 2018, ils seront probablement 30.000.

"Confrontés aux départs en retraite massifs et à la pénurie de jeunes diplômés, les maires, les conseils généraux et les établissements de santé", les courtisent de plus en plus, avec toutes sortes d'arguments, remarque le quotidien. Dans le Loiret, par exemple, le conseil général va adresser aux 5.000 médecins libéraux en activité ou en re­traite une plaquette leur proposant diverses options : "Des vacations payées 45 euros de l'heure, un contrat à temps plein ou à temps partiel rémunéré 3.800 euros bruts par mois au maximum, plus une prime de 1.500 euros."

Les zones rurales ne sont pas les seules victimes de cette désertification, rap­pelle le journal. Selon une étude de l'agence régionale de santé d'Ile-de-France, Paris va en effet avoir besoin de 831 généralistes, pédiatres ou gynécologues d'ici les cinq prochaines années.

Frédéric Lavignette

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