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Sécurité sociale : réduction inespérée du déficit en 2018

Le déficit de la Sécurité sociale devrait s'établir à 300 millions d'euros en 2018. Une situation jamais connue depuis 2001, essentiellement due à la croissance et à la reprise de l'emploi.

Les prévisions de la Commission des comptes de la Sécurité sociale sont optimistes : en 2018, le déficit cumulé du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) devrait fortement se réduire et atteindre 300 millions d'euros, selon un rapport publié le 5 juin 2018. Soit, un quasi-équilibre jamais atteint depuis 2001.

En 2017, ce déficit s'élevait à 5,1 milliards d'euros. Avec les économies programmées, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2018 tablait, de son côté, sur un déficit de 2,2 milliards d'euros.

Si l'amélioration des comptes de la Sécurité sociale devait se confirmer, le principal mérite en reviendrait à la "bonne santé économique de la France", explique Le Monde. La croissance d'abord, a tout lieu de s'améliorer, selon le gouvernement : pour 2018, elle devrait évoluer vers les 2% au lieu de 1,7%. La masse salariale du privé, pour sa part, devrait progresser de 3,9% au lieu des 3,1% annoncés.

Pour les années à venir, enchaîne Le Parisien, des excédents sont attendus : 3,3 milliards d'euros pour 2019 et 7,7 milliards pour 2020.

Reste à savoir comment utiliser cette "cagnotte de la Sécu". Sur cette question, les professionnels de santé plaident pour "un desserrement des efforts consentis depuis des années". Autrement dit, ils réclament à l'Etat d'interrompre les plans d'économies et les suppressions de postes qui affectent leurs conditions de travail.

Une suggestion que soutient l'économiste de la santé, Claude Le Pen. "Nos urgences, observe-t-il, fonctionnent mal car les patients se reportent sur elles lorsqu'ils ne trouvent pas de médecin libéral. Il faudrait donc créer des services d'urgences non-hospitalières et recentrer nos urgences hospitalières sur les urgences vitales."

Cette amélioration annoncée des comptes reste cependant "très fragile", tempère Le Figaro. Et la vigilance reste de mise, en particulier sur la branche maladie.

Au micro d'Europe 1, Nicolas Revel, le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), a calmé tout enthousiasme en rappelant que ces résultats ne restent que des prévisions. "Il y aura un affinage en juin puis un autre en septembre. La photo définitive arrivera l'année prochaine."

Sur la même lignée, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a certes reconnu l'idée d'une amélioration des comptes, "mais pas pour les bonnes raisons […], pas parce que nous avons fait les réformes structurelles". "Si la croissance diminue un peu nous risquons d'avoir à nouveau ce trou qui se creuse", a-t-elle ajouté.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)