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Sécu : des financements critiqués

Deux "bombes" menacent cette rentrée, constate L’Express (page 86). "Deux mesures chocs qui soulèvent des critiques. Et qui touchent directement les Français" : la TVA sociale et les franchises.

Le sort de la première reste encore incertain, tant ce projet est impopulaire. En effet, note L’Humanité (page 5), "le basculement d’une partie du financement de la Sécurité sociale des entreprises vers les ménages via une baisse des cotisations patronales et une hausse de la TVA conduirait à une nouvelle pression importante sur le pouvoir d’achat".

Le secrétaire d’Etat à la Prospective, Eric Besson, estime de son côté que cette réforme devra être assortie de "conditions" pour être une "réussite". Le rapport qu’il vient de conclure à ce sujet sera rendu "la semaine prochaine au Premier ministre", précise encore L’Humanité.

Selon François Fillon, cette mesure ne sera adoptée que si son "efficacité économique" est démontrée, rapportent Les Echos (page 3). Cet impôt de consommation pourrait donner "de l’oxygène" à l’économie et "aiderait la compétitivité des entreprises" sans nuire au "marché du travail", estime l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Les syndicats, évidemment, ne l’entendent pas de la même oreille. Pour le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly qu’interrogent Les Echos (page 2), la TVA sociale "peut être très dangereuse".

Un avis que partage le patron de la CFDT, François Chérèque, interrogé dans Le Nouvel Observateur (pages 64 à 66). Même s’il admet que des mesures sont à prendre pour réduire le déficit de la Sécurité sociale, le gouvernement ne choisit pas toujours les meilleures.

"Qu’est-ce qu’on nous propose ?", demande-t-il. "Des franchises. En clair, ce sont les patients qui vont payer la facture. (...) Je constate qu’on ne demande pas d’efforts aux médecins. Il faut dire qu’ils ont un poids électoral considérable."

Pour Jean-Claude Mailly de FO, "c’est une mesure purement comptable, un déremboursement de plus. Ensuite, il n’est pas correct de la présenter comme un moyen de financer le plan Alzheimer".

Ce dernier argument est également utilisé par le secrétaire général de l’Association des accidentés de la vie (Fnath), Arnaud de Broca, dans La Tribune (page 35). Ce mode de financement "ne peut que susciter l’opposition, en ce qu’il remet en cause un des fondements principaux de notre système d’assurance maladie : la solidarité. Ainsi seuls les malades seront soumis à contribution", écrit-il dans une tribune. "Bienheureux les bien-portants qui ne contribueront ainsi pas au financement de telles priorités de santé publique", ironise Arnaud de Broca.

La Fnath demande au président de la République de "revenir sur ces annonces, (...) ce serait le signe d’une prise en compte véritable de la démocratie sociale et des avis unanimement exprimés par les associations de malades, les organisations syndicales et les professionnels de santé".

A lire aussi – Régimes spéciaux : grèves en vue ?

Le "spectre des grèves de 1995" inquiéterait le gouvernement, rapporte La Tribune (page 30). En effet, d’après les informations du quotidien économique, "le gouvernement a décidé d’accélérer le calendrier (de la réforme des régimes spéciaux de retraite : EDF, SNCF, RATP...) avant la fin de l’année". Pour précipiter cette réforme, un décret-cadre devrait être publié rapidement afin de "repartir au 1er janvier 2008 avec un nouveau système".

En prenant "des décisions unilatérales" de cette sorte, le gouvernement risque d’entraîner le pays vers des tensions qui rappellent celles de novembre et décembre 1995, a prévenu hier le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. En réponse, le gouvernement a déclaré qu’il "ne va pas agir en catimini" et qu’au contraire, "une concertation approfondie" aura bien lieu.

Par ailleurs, indique La Tribune, en ne concernant qu’un million de pensionnés et 500.000 actifs, les régimes spéciaux coûtent à l’Etat plus de 4,5 milliards d’euros par an. "Leur réforme ne générera des économies significatives qu’à long terme et ce gain restera largement insuffisant pour redresser les comptes de la Sécu ou même revaloriser les petites retraites", conclut le quotidien.

 

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)