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Sauvons l’accès aux soins !

Le financement des retraites fait la "une" de la rentrée sociale, mais c’est à l’assurance maladie que Le Parisien/Au­jourd’hui a consacré ce week-end son dossier. Dans son édition datée de dimanche (pages 1 à 3), le quotidien rend compte d’une pétition lancée par le Pr André Grimaldi pour "sauver la Sécu" et signée par 140 personnalités "de gauche comme de droite".

Cible des pétitionnaires : le projet de complémentaire santé pour tous, accusé de favoriser la "privatisation rampante" de l’assurance maladie obligatoire, écrit la journaliste Odile Plichon. Le célèbre diabétologue est désormais coutumier de cette critique envers les complémentaires, sans distinction de leur nature.

Dans une interview publiée en regard de celle du Pr Grimaldi, le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, rappelle que le mouvement mutualiste dé­nonce également de longue date le "désengagement de l’assurance maladie". Mais il n’en tire bien sûr pas les mêmes enseignements pour l’avenir.

La pétition intitulée "Pour un débat public sur la santé" est "un cri d’alarme" qui dénonce le fait que "de grandes orientations concernant l’avenir de notre système de santé sont en train d’être prises dans l’indifférence générale". Elle met ainsi en cause la généralisation de la couverture complémentaire en entre­prise via l’accord national interprofessionnel (ANI) de janvier 2013. André Grimaldi craint que celle-ci n’aboutisse, à terme, à une "dissolution" de la Sécurité sociale.

Ce texte est signé par des personnalités telles que l’ancien Premier ministre Michel Rocard, Claude Rambaud, présidente du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), ou encore Didier Tabuteau, titulaire de la chaire de santé publique à Sciences po Paris. La Croix évoque ce sujet dans les pages de son édition de ce jour (page 6) et publie sur son site Internet le texte de l’appel.

Pour la Mutualité Française, il n’est pas question que les complémentaires santé remplacent la Sécurité sociale, qui, de par sa construction et son financement, est la plus à même de garantir la solidarité et l’égalité. Mais face au désengagement effectif de l’assurance maladie obligatoire, les assurés qui sont dépourvus de complémentaire "renoncent à certains soins, lunettes et prothèses en tête".

En revanche, ajoute Etienne Caniard, l’importance croissante des complémentaires dans le financement de la santé pose la question du traitement entre les différents acteurs, lucratifs comme les assureurs, ou non lucratifs, comme les mutuelles. Autrement dit, les pouvoirs publics se doivent d’encourager les garanties les plus vertueuses. "Qu’on nous fasse confiance, tout en nous fixant des objectifs précis : assurer la solidarité entre générations, diminuer les restes à charge pour les patients, rembourser les actes de prévention, etc.", détaille-t-il. C’est tout l’enjeu de la redéfinition des contrats responsables et solidaires, prévue pour cette rentrée.

A lire aussi dans la presse - Incendie en Isère : la maison de retraite répondait aux normes de sécurité

"Un court-circuit sur un ventilateur est probablement à l’origine du sinistre", dans la maison de retraite Les Solambres, à La Terrasse, un village situé à une trentaine de kilomètres de Grenoble (Isère), annonce La Croix (page 8). Quatre personnes sont mortes à cause d’un incendie qui s’est déclaré vendredi soir dans cet établissement géré par la Mutualité Française Isère Ssam (services de soins et d’accompagnement mutualistes).

"Ouverte il y a une quinzaine d’années, la maison de retraite Les Solambres était aux normes", souligne Le Parisien daté de dimanche (page 12). C’est également ce qu’a déclaré Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des Personnes âgées, qui s’est déplacée samedi matin sur le site.

"L’alarme incendie s’est déclenchée dès qu’il y a eu des fumées et les portes coupe-feu ont permis d’éviter la propagation de l’incendie", indique pour sa part Jean-Marc Deutsch, adjoint au maire de la Terrasse, au Parisien. "Je participe à toutes les commissions de sécurité avec les pompiers. Il n’y a jamais eu aucun problème, tout était conforme", poursuit-il. "Quatre-vingt-deux personnes âgées se trouvaient dans la maison de retraite au moment de l’incendie", rappelle Le Parisien.

Malgré l’intervention des pompiers, trois personnes ont péri asphyxiées. Une quatrième a été hospitalisée. Elle est décédée dimanche matin "es suites de ses blessures", déplore La Croix. La plupart des résidents ont été évacués par le personnel de la résidence, avec l’aide spontanée des villageois.

Dans un communiqué envoyé di­manche à la presse locale, la Mutualité Française Isère Ssam remercie "l’équipe de direction de cette union territoriale et le personnel de l’Ehpad, les habitants de La Terrasse et des communes voisines, le centre hospitalier universitaire Rocheplane ainsi que les équipes de secours pour leur aide et soutien durant ce drame".

Elle informe également que "33 résidents devront être transférés dans une autre structure" du fait des dégradations du bâtiment. Ceux-ci seront accueillis dans un établissement géré par la Mutualité Française Isère Ssam, situé à moins de trente kilomètres, à Eybens. Dès hier, "une réunion avec le personnel puis avec les familles [a été organisée] afin de leur présenter les modalités de ce transfert", précise ce communiqué.

Milène Leroy

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)