Risque d’alerte à l’horizon

Le conseil de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a appelé vendredi à "la plus grande vigilance" pour que soit respecté cette année l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam). En effet, comme le signale La Tribune (page 35), cet objectif a déjà "été dépassé de 1,2 milliard d'euros en 2006, au-delà de la limite de 0,75% autorisée" par la loi d'août 2004 (lire également article page 1).

Le comité d'alerte a émis vendredi un "avertissement", sans pour autant déclencher la procédure d'alerte, rapportent Les Echos (page 4). D'une part "en raison du contexte électoral" mais aussi parce que les données actuelles sont encore de l'ordre de l'estimation.

Toutefois, relève ce quotidien "le suspense est faible, puisque pour que les dépenses soient contenues en dessous du seuil d'alerte (0,75% de dépassement), il faudrait, selon le comité, que les économies prévues pour 2007 soient intégralement réalisées, ce qui implique, par exemple, une baisse des dépenses de médicaments". Pour le moment, la tendance ne s'oriente pas en ce sens. L'objectif des soins de ville pour l'année 2007 étant de 66,7 milliards d'euros, il faudrait limiter la hausse des dépenses à 0,2%. "Or, le rythme de début d'année dépasse 5%", constatent Les Echos.

Des mesures de redressement immédiates qui ne sont pas d'actualité car "la période ne s'y prête pas", estime La Tribune. En effet, "le ministre de la Santé vient de démissionner pour rejoindre le candidat de l'UMP, et une période de flou s'annonce d'ici aux élections législatives de juin".

Quoi qu'il en soit, prévoient Les Echos, une probable alerte sera peut-être déclenchée en mai, et, inévitablement, le nouvel exécutif devra en gérer les conséquences. Le conseil de la Cnam et le gouvernement, seront alors chargés de "proposer des mesures de redressement dans un contexte où l'assuré/patient a déjà été mis à contribution".

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Chaque année, le cancer coûte 30 milliards d'euros, indique un rapport rendu public aujourd'hui par l'Institut national du cancer (Inca). Les Echos (page 4) dévoilent le contenu de cette "étude économique sans précédent en France". Sans surprise, les séjours hospitaliers constituent, devant la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie, le poste le plus important de dépenses. Avec deux tiers des dépenses en établissements de santé et un tiers en soins de ville, le coût des soins du cancer s'élève ainsi à 11 milliards d'euros.

De son côté, le médicament dont les prix connaissent une augmentation de 30 à 40% par an occupe une part relativement faible dans le coût global du cancer. Les molécules onéreuses représentent en effet "4% du coût des soins de l'assurance maladie", indique l'étude de l'Inca.

Au-delà des soins, les investissements dans les politiques de prévention (tabagisme, alcool…) s'élèvent à 120 millions d'euros, et les campagnes de dépistage organisé atteignent 248 millions d'euros. Les fonds consacrés à la recherche publique sont de 670 millions d'euros. Dans le même temps, l'industrie pharmaceutique dépense 600 millions d'euros chaque année au titre de la recherche.

Toutes ces dépenses sont-elles efficaces et bien réparties ? A l'heure actuelle, l'Inca ne peut se prononcer, faute de pouvoir évaluer un "retour sur investissement". Pour les auteurs de l'étude, cela ouvre "un champ de recherche considérable", d'autant plus pertinent que les conséquences économiques du cancer sont très importantes.