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Retraite : nouvelle polémique

Au moment où la grève cède la place à la négociation dans le conflit sur la réforme des régimes spéciaux (La Tribune, page 5), le Conseil d'orientation des retraites (Cor) a remis au Premier ministre son rapport préparatif à la deuxième étape de la réforme des retraites, indique le quotidien Les Echos (page 2). Son président, Raphaël Hadas-Lebel, a fait état hier d'"avis divergents" au sein du conseil, "en particulier avec les organisations syndicales", sur l'allongement progressif de la durée de cotisation. Elle serait portée à 41 ans entre 2009 et 2012, comme le prévoit la loi Fillon de 2003.

Force Ouvrière "se refuse à considérer l'allongement de la carrière comme inéluctable", notent Les Echos. La CGT, au vu de la "dégradation du revenu des retraités", juge "surprenant de constater que le Cor propose d'aller plus loin dans l'allongement de la durée de cotisation". Pour la CFDT, "il ne saurait être question d'allonger la durée de cotisation pour réduire le niveau des pensions", prévient Jean-Louis Malys, qui siège au Cor. Il estime que le gouvernement "doit arrêter de se bercer de mots et être plus volontariste vis-à-vis des employeurs en matière d'emploi des seniors".

Dans un entretien au Monde (page 10), le président du Cor insiste sur la nécessité de faire de nouveaux efforts pour équilibrer les régimes de retraite. Il avance le fait que "les comptes de la branche vieillesse de la Sécurité sociale, en particulier ceux du régime général, sont plus dégradés que prévu : 4,6 milliards d'euros de déficit en 2007 et 5,7 milliards en 2008". "La principale cause est l'arrivée à l'âge de la retraite des générations du baby-boom. A cela s'ajoute le succès des départs anticipés pour carrière longue", explique-t-il.

Faut-il favoriser l'emploi des seniors avant d'allonger, à nouveau, la durée des cotisations ? interroge Le Figaro-économie (page 21). "A titre personnel, je pense qu'il faut faire les deux sans tarder", réplique Raphaël Hadas-Lebel. Pour lui, il faut relever le taux d'emploi des 55-64 ans, qui stagne en France à 37,8%, contre 42,5%, en moyenne, dans l'Union européenne. "Une action complémentaire sera nécessaire sur l'emploi des seniors. C'est une condition cruciale d'équilibre des régimes", estime le président du Cor.

A lire aussi – Lancement d'un Grenelle de l'insertion

Le haut-commissaire aux Solidarités actives lance aujourd'hui à Grenoble, un Grenelle de l'insertion, qui devrait durer six mois. Objectif : redéfinir les dispositifs d'insertion et d'aides sociales, explique La Tribune (page 25). Plusieurs millions de personnes, chômeurs de longue durée, jeunes sans qualification, mères isolées, personnes ayant quitté le monde du travail depuis longtemps, sont concernées.

Une des principales mesures de ce Grenelle de l'insertion, le revenu de solidarité active (RSA), est déjà expérimentée dans une quarantaine de départements. "Cela va concerner 100.000 personnes, soit un allocataire du RMI sur dix", estime Martin Hirsch dans une interview à Libération (page 14). L'objectif est de "faire en sorte que toute personne reprenant une activité, même à temps très partiel, perçoive un revenu supérieur au seuil de pauvreté (817 euros) en additionnant son salaire et l'allocation versée par les pouvoirs publics". Un contrat unique d'insertion remplacerait à terme les nombreux dispositifs existant (contrat initiative emploi, contrat d'accès à l'emploi, contrat d'avenir).

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)