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Retraite complémentaire : la Cour des comptes tire la sonnette d’alarme

Un rapport de la Cour des comptes, qui sera publié jeudi, sonne l'alarme sur les régimes de retraite complémentaire des salariés du privé et préconise un allongement de deux ans de la durée du travail, révèle Le Parisien/Aujourd'hui (page 12). Le régime de retraite complémentaire des cadres (Agirc) pourrait être en cessation de paiement d'ici fin 2017. Celui des non-cadres (Arcco) serait lui aussi menacé à brève échéance. Devant cette situation, la Cour des comptes préconise d'agir sur trois leviers assez classiques : diminuer le montant des pensions, augmenter le niveau de cotisations et reculer l'âge de départ en retraite.

Après dix années d'équilibre financier, les déficits se sont tellement accumulés depuis 2009, qu'à court terme, quel que soit le scénario retenu, "l'épuisement des réserves à échéance rapprochée" semble inéluctable. Pour les 18 millions de salariés concernés (Arcco) et 4 millions de cadres, cette projection est d'autant plus inquiétante que la part complémentaire de leur pension avoisine souvent 30 à 50%, voire plus, de leur retraite globale.

Selon la Cour des comptes, même les mesures d'urgence (nouvel effort des ca­dres, réforme de la gestion des caisses…) n'y suffiront pas. Elle préconise donc un recul de deux ans de l'âge de départ en retraite, obtenu "par un recul d'autant des âges légaux de départ". L'âge légal étant fixé actuellement à 62 ans, il faudrait dès lors travailler jusqu'à 64 ans pour toucher sa retraite complémentaire.
"Une piste de réflexion qui réjouira le Medef, mais irritera fortement les syndicats, écrit Odile Plichon, dans Le Parisien/Aujourd'hui. D'autant plus que ceux-ci (pas naïfs !) pourraient y voir un cheval de Troie annonciateur d'une pareille tentative de réforme concernant le régime de base…"

Ces dernières semaines, les partenaires sociaux ont entamé de nouvelles négociations en vue de parvenir à un accord sur l'Agirc-Arrco avant juin 2015. La semaine dernière, le conseil d'administration de ces deux régimes de retraite complémentaires a nommé un nouveau directeur : Xavier Selleret, qui prendra ses fonctions fin janvier.

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A 48 ans, le nouveau directeur général de la Caisse national d'assurance maladie (Cnam) vient de prendre "la barre du lourd paquebot de la Sécu", rappellent Les Echos (page 34). "Le tact et l'autorité dont il a déjà fait preuve seront utiles pour diriger les négociations conventionnelles avec les médecins, les assureurs, les industriels du médicament et les pharmaciens, des professions passablement agacées et difficiles à manœuvrer", es­time le quotidien économique.

"La santé c'est compliqué, considère Gilles Johanet, l'ancien patron de l'assurance maladie. Nicolas Revel n'est pas un révolutionnaire avec le couteau entre les dents. Mais c'est un bon négociateur, capable d'attendre et de laisser mûrir un sujet." Les deux hommes se sont croisés à la Cour des comptes, où Nicolas Revel a passé quatre ans et demi, à partir de 1993. Il travaille alors sur la maîtrise médicalisée des dépenses de santé, le tiers payant pharmaceutique…

" Il nous avait frappé par son brio, témoigne Gilles Johanet. C'est quelqu'un de très intelligent, mais aussi une personne habile, adaptable." "Gare cependant aux esprits lents avec lesquels il peut se montrer tranchant", nuancent Les Echos.

En 2000, Nicolas Revel est nommé conseiller technique auprès du ministère de l'Agriculture. Trois ans plus tard, il occupe les fonctions de directeur de cabinet adjoint du maire de Paris, Bertrand Delanoé, avant d'être recruté, en 2012, comme conseiller du président de la République, François Hollande. Il sera par la suite nommé secrétaire général adjoint de l'Elysée.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)