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Réforme des retraites : premières pistes

Age de départ, durée de cotisation, système universel, points accordés dès le premier enfant… le haut-commissaire à la réforme des retraites a dévoilé ses premiers arbitrages.

"Ce n'est pas une réforme, mais la mise en place d'un système universel", aime à dire le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye. Le principe, c'est "mêmes carrières, mêmes revenus, mêmes cotisations, mêmes retraites", explique-t-il car "les Français ont soif d'équité et d'universalité", rapportent Les Echos.

Le futur système de retraite fonctionnera par points , et non plus par annuités. Il sera fondé comme aujourd'hui sur la répartition, et non sur la capitalisation. Il englobera les 42 régimes obligatoires qui coexistent actuellement : base, complémentaire, fonctionnaires, privé, indépendants, régimes spéciaux...

Dans le futur système par points, chaque euro cotisé donnera les mêmes droits pour tous. C'en est donc fini de la règle des 25 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public, servant de base de calcul des droits à retraite, ainsi que du nombre minimum d'annuités pour le taux plein.

Une perspective qui inquiète Catherine Perret, négociatrice pour la CGT, qui considère que "90% des pensions vont baisser", du fait des carrières à trous, note le quotidien économique. Au contraire, le nouveau régime sera "plus solidaire que les annuités", défend Jean-Paul Delevoye, et il permettra "peut-être d'embarquer de nouvelles solidarités".

Première application concrète : des points seront accordés pour chaque enfant, dès le premier. Aujourd'hui, les mères bénéficient de majorations de durée d'assurance dès le premier enfant, et les deux parents d'une bonification de leur pension à partir de trois enfants.

Une annonce saluée par Pascale Coton, de la CFTC, qui a également évoqué le sujet des aidants familiaux, "plus de 3 millions de femmes qui arrêtent de travailler" pour porter assistance à un proche malade ou âgé, et qui mériteraient de bénéficier de ces "nouvelles solidarités" évoquées par Jean-Paul Delevoye.

Le haut-commissaire a par ailleurs affirmé que "l'âge minimum [de départ] restera à 62 ans, soulignent Les Echos.

Quant à  l'instauration éventuelle d'un âge-pivot , pour retarder un peu plus les départs en retraite, "ce n'est pas de notre ressort", a-t-il indiqué, sans toutefois fermer la porte : c'est une question de gouvernance et de pilotage du régime.

De son côté, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, plaide en faveur d’un mécanisme "qui peut être l'âge-pivot", afin d’inciter les Français à travailler plus longtemps.

Les assurés qui seront à moins de cinq ans de l'âge de départ lors de l'adoption de la loi ne seront pas concernés par la réforme, précise le quotidien économique. Les autres  basculeront immédiatement dans le nouveau système, avec une conversion en points de leurs droits acquis.

La transition n'en sera pas moins progressive afin d'harmoniser par étapes les droits des uns et des autres, comme le souhaite la CFDT, qui demande quinze ans de délai. "C'est une réunion utile qui a rappelé que la réforme est qualitative et non punitive", s'est félicité Laurent Berger, le patron de la CFDT. Le besoin de financement du système de 4,5 milliards d'euros en 2022 devrait être résorbé grâce au quasi-gel des pensions en 2019-2020, ce qui permettra d'avoir un "an zéro" de la réforme à l'équilibre.

Par la suite, le haut-commissaire veut instaurer "des règles d'or qui n'impactent pas les générations futures".

De son côté, Pascal Pavageau, secrétaire général de FO, s'est ému du risque d'une "instabilité permanente", avec un point qui ferait le yo-yo pour éviter tout déficit annuel. Mais Jean-Paul Delevoye a répliqué qu'il ne visait pas l'équilibre à court terme, préférant s'adapter à la conjoncture.

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John Sutton

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