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Réforme de la santé : Fillon envoie Woerth au charbon

Les intentions de réforme de François Fillon en matière de santé continuent de faire des vagues. Pour calmer les critiques formulées contre le programme du candidat de la droite et du centre, Eric Woerth a été chargé de l'explication de texte.

Afin de calmer les inquiétudes provoquées par ses propositions en matière de santé, François Fillon a délégué un émissaire : Eric Woerth. Comme il l'a fait hier, dimanche 11 décembre 2016, sur Europe 1, l'ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, a pour mission d'expliquer que non, "François Fillon n'a pas l'intention de casser l'assurance maladie".

Pourtant, rappellent Les Echos, le vainqueur des primaires a promis que s'il était élu chef de l'Etat, l'assurance maladie se focaliserait "sur les affections graves ou de longue durée et l'assurance privée sur le reste".

"Quelque peu gêné" dans son opération désamorçage, rapporte le quotidien économique, Eric Woerth a tenté de rassurer en affirmant que "l'assurance maladie est essentielle",  que "le patient continuera à être remboursé", même pour ses rhumes, et que "la notion de petit risque et de grand risque n'est pas une notion qui est efficace pour régler les problèmes de la Sécurité sociale".

Des arguments qui pourraient passer pour une "reculade", mais Eric Woerth récuse ce terme. Seulement, a-t-il indiqué, certains points du projet de François Fillon "nécessitent une clarification", rapporte LCI. S'il est une chose claire dans ce programme, précise-t-il en tout cas, c'est que le tiers payant généralisé sera "abrogé", complètent Les Echos.

Le programme du candidat de droite prévoit aussi l'introduction d'une "franchise médicale universelle" ajoute L'Argus de l'assurance. Celle-ci serait "fonction des revenus dans les limites d’un seuil et d'un plafond, le reste à payer étant pris en charge par […] les assurances complémentaires". Un dispositif "très complexe à mettre en œuvre", observe L'Argus, qui n'est pas sans rappeler le bouclier fiscal proposé en 2007 par Martin Hirsch.

Une autre proposition de François Fillon "vise à encadrer fortement l'assurance santé rendue obligatoire, via la création d'un contrat type et d'une agence de régulation", note encore L'Argus qui se demande "en quoi elle peut contribuer à résorber le déficit de l'assurance maladie" et comment elle peut être mise en œuvre.

Evidemment, les critiques à l'égard de ces propositions émanent pour beaucoup de la gauche. Emmanuel Macron, qui tenait son premier meeting de campagne samedi à Paris, ne s'est pas privé d'attaquer son rival de droite sur le terrain de la santé. "Je trouve dangereux que certains se mettent dans l'idée de dérembourser massivement des soins, des petits soins, nous dit-on. C'est inefficace et injuste", a-t-il déclaré.

Opposé à ces déremboursements, Emmanuel Macron "en a profité pour remettre en question le projet de la droite conservatrice", rapporte France Info, appuyant sa critique sur la base des chiffrages publiés par la Mutualité Française sur le site participatif PlacedelaSante.fr. Le projet de François Fillon, a-t-il fait valoir, c'est "1.200 euros de dépenses de santé en plus par an pour un couple avec deux enfants".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)