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« Rationaliser » les transports sanitaires

L’assurance maladie a présenté, hier, un rapport riche de 12 mesures "dans lequel le gouvernement pourra piocher des idées pour le prochain budget de la Sécu". Selon la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), explique Le Monde (page 9), ces pistes permettraient de réaliser 715 millions d’euros en 2016, voire près de 3,1 milliards d’euros en trois ans. Toutefois, selon un nouveau calcul de la Cnam, l’économie pour 2016 serait de 747 millions.

Outre la réduction du temps de séjour à hôpital, la surveillance attentive des arrêts maladie et des prescriptions de médicaments, la Sécu suggère également de cibler "le coût des transports de malades, qui a augmenté dans des proportions considérables", indique Le Parisien/Aujourd’hui (page 10).

Un rapport parlementaire publié l’automne dernier a en effet montré que la facture des déplacements de patients avait doublé en dix ans : en 2013, les dépenses s’élevaient à 4 milliards d’euros, "soit 5% de l’objectif de dépenses (Ondam) de soins de ville, contre 3,9% il y a encore dix ans", rappelle le quotidien.

"Le recours accru aux taxis conventionnés par les caisses primaires d’assurance maladie pour le transport de malades" explique essentiellement cette augmentation de la facture. Alors qu’un déplacement en véhicule sanitaire léger (VSL) coûte en moyenne 31 euros, une course en taxi se facture 48 euros, soit 25% de plus pour l’assurance maladie.

Pour Pierre Morange, député (Les Républicains) des Yvelines et auteur du rapport parlementaire, "ce tarif incite à un manque de vertu. Résultat : des entreprises de transport de malades avec des VSL ont complété leur offre par des taxis. Cette utilisation optimisée du système s’apparente à un détournement de fonds publics".

La Cnam avance l’idée de "mettre en place un tarif unique pour les sociétés de transport proposant des VSL et des taxis", ce qui permettrait d’économiser 109 millions d’euros dès l’an prochain et 547 millions d’euros sur trois ans. Pas sûr que les professionnels du transport se réjouissent de cette mesure, note Le Parisien/Aujourd’hui. Pour Pierre Morange, celle-ci a du bon, car "l’idée n’est pas de rationner mais de rationaliser."

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)