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Radiographie du chômage en Europe

L'office européen de statistiques Eurostat vient de rendre publics des chiffres détaillés sur le chômage dans l'UE. Données qui soulignent un fossé entre le Nord et le Sud, pointent de fortes disparités régionales et mettent en évidence des écarts directement liés à la nature des emplois.

Jamais depuis dix-neuf ans, le taux de chômage n'avait été aussi bas au sein de l'Union européenne. Tombé à 6,5%, un tel résultat est encourageant, sauf que toutes les régions des Etats membres ne sont pas concernées par cette tendance. Selon la carte dévoilée lundi 29 avril 2019 par Eurostat, de fortes disparités existent entre le Nord et le Sud du Vieux Continent, conséquences en partie de la crise de 2008.

Les régions les plus frappées par le chômage, indique Le Monde du 30 avril 2019, sont surtout localisées "dans le sud de l'Espagne et de l'Italie, et en Grèce, pays particulièrement affectés par la récession". Il faut dire qu'avec sa croissance paralysée, l'Italie parvient difficilement à créer des emplois. D'où son taux de chômage à 10,5%. Celui de l'Espagne est passé sous la barre des 15%, après avoir approché les 28% courant 2013. La Grèce, pour sa part, enregistre un taux de chômage de 18,5%. Certes, notait Le Monde du 3 avril, le pays est enfin sorti des plans d'aides, "mais près d'un jeune actif sur trois y est toujours sans emploi". Le pays du Sud qui a le mieux redressé la barre est le Portugal, puisque son taux est de 6,7%.

A contrario, les taux de chômage européens les plus faibles se situent "dans les territoires où la reprise a été la plus solide", poursuit Le Monde du 30 avril. C'est notamment le cas de l'Allemagne, de l'Autriche et des Pays-Bas, qui ont quasiment renoué avec le plein emploi. Le taux de chômage allemand atteint, par exemple, les 3,2%. Le Royaume-Uni réalise également de bonnes performances, alors que la France occupe une position intermédiaire.

Dans les pays d'Europe de l'Est, le chômage n’est pas une inquiétude. Ce qui l'est, en revanche, c'est la pénurie de main d'œuvre. En effet, du fait du vieillissement de la population et de l'émigration de la jeunesse vers l'Ouest, "plus de la moitié des entreprises polonaises, tchèques et slovaques se plaignent de difficultés de recrutement". Aussi, certains de ces pays tentent-ils de faire revenir les candidats à l'emploi via diverses aides (logements, transports), ou en rendant les entreprises attractives.

Au-delà des disparités entre Etats membres de l'Union, les cartes d'Eurostat mettent l'accent sur le chômage des principales régions européennes. Par ce focus, on apprend ainsi que 80% des régions européennes ont vu baisser leur taux de demandeurs d'emploi. La plus vertueuse, celle de Prague, affiche un taux de 1,3% quand celle de Mayotte, à l'autre extrémité, en accuse 35,1%, souligne Ouest-France. Autres bons résultats notables : la Moyenne-Franconie (1,8%) en Allemagne, ou encore la région de Cumbrie (1,9%) au Royaume-Uni.

Outre Mayotte, déjà citée, les régions les plus à la peine sont : Ceuta en Espagne, avec 29 % de taux de chômage ; la Macédoine occidentale, en Grèce (27%) ; Melilla, un autre territoire espagnol (25,8%); ou encore La Réunion (24,3%). C'est par ailleurs dans ces régions du Sud que les taux de chômage des jeunes européens âgés de 15 à 24 ans sont les plus élevés.

En ce qui concerne le chômage de longue durée (plus de douze mois), les chiffres indiqués par Eurostat montrent son difficile recul depuis 2008. En 2017, sa part dans le chômage total des 28 Etats membres était de 46,5%. Dans le détail, il s'élevait à : 73,1% en Grèce ; 58,8% en Italie ; 45,2% en France métropolitaine ; 43,3% en Allemagne, et à 31,7% en Pologne.

Les pays qui ont réduit leur taux de chômage ne le doivent pas forcément à la reprise économique. Au prix d'exigences et sacrifices, les politiques sociales mises en œuvre y ont contribué. Afin de dissimuler le nombre de demandeurs d'emploi, les contrats "zéro-heure" britanniques, les "mini-jobs" allemands ou encore les statuts d'auto-entrepreneur français se sont répandus ces dernières années, tout comme se sont multipliés les contrats de travail à durée déterminée. De fait, constate dans Le Monde du 3 avril Stefano Scarpetta, membre de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) : "En Europe, comme dans les nations industrialisées, la précarité se développe aux marges et la qualité de certains emplois se dégrade."

Il n'empêche : les emplois très qualifiés sont actuellement très sollicités, particulièrement via les nouvelles technologies. Seulement, avec la révolution numérique, le travail se tertiarise au détriment de l'emploi industriel dont les PME, de plus en plus à la peine, sont les premières victimes. Certes, reconnaît Le Monde, les services restent des pourvoyeurs d'emplois intermédiaires, en particulier dans la santé, secteur qui réclame des infirmiers, techniciens médicaux ou encore des préparateurs pharmaceutiques. "Mais sans formation, observe l'économiste Florence Pisani, les ouvriers qualifiés perdant leur poste en usine ne peuvent pas y accéder : ils se trouvent donc relégués aux emplois précaires des services."

En bref

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Elections européennes : premières intentions de vote

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Frédéric Lavignette

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