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Questions de financement

En matière de financement de la protection sociale, les candidats à la présidence de la République sont plutôt timorés, constate Le Monde (page 21). Malgré les premiers effets de la réforme entreprise en 2004 par Philippe Douste-Blazy avec la "maîtrise médicalisée des dépenses", la Sécurité sociale reste toujours déficitaire, et "les risques de dérapage subsistent". Comme le rappelle le quotidien, les branches maladie, vieillesse et famille accusent un déficit de 9,6 milliards d'euros en 2006. Un solde négatif qui devrait se maintenir en 2007 à – 3,9 milliards. "La pression exercée par les syndicats libéraux de médecins généralistes pour obtenir la qualification de spécialiste avec un alignement de leurs tarifs" se heurte donc aux "exigences comptables de la “Sécu”", analyse Le Monde.

Dans ce contexte tendu, "les candidats à l'élection affichent une grande prudence sur les solutions" à adopter pour sortir de cette dérive, notamment en matière de santé. "Dans la logique de la loi 2004, Nicolas Sarkozy propose d'instaurer une franchise sur les dépenses de soins, une somme qui s'ajouterait au ticket modérateur", rappelle Le Monde. Cette mesure, qui vise à accroître la participation des patients, n'est pas "une recette très nouvelle", déplorait hier dans Les Echos le président de la Mutualité française.

Pour sa part, Ségolène Royal est assez critique vis-à-vis de la réforme de 2004, même si elle prévoit de ne pas l'abroger en cas de victoire. Ses priorités, annonce Le Figaro (page 10), reposent notamment sur la mise en place d'un "grand plan de prévention et de recherche des maladies graves". En même temps, la candidate du PS prévoit d'instaurer une carte santé jeunes pour les 16-25 ans et aspire à renforcer la médecine scolaire et du travail. Quant à l'égalité de l'accès aux soins, elle entend la garantir grâce au financement de l'hôpital et à la création de dispensaires dans les zones rurales, rapporte Le Monde.

La tonalité est différente pour le PCF, puisque sa candidate, Marie-George Buffet, envisage "d'abolir" la réforme de l'assurance maladie au profit d'une réorganisation de l'ensemble du système de soins, avec en particulier le développement des réseaux ville-hôpital. Outre le renforcement de la prévention, son programme préconise un "remboursement à 100% des soins par la Sécurité sociale pour les enfants et les personnes dépendantes", indique Le Monde. Pour donner plus de moyens à l'hôpital, Marie-George Buffet prévoit d'assurer la formation de 9.300 médecins et de 4.000 infirmières supplémentaires. Une "augmentation des cotisations patronales et un prélèvement additionnel sur les revenus financiers des entreprises" sont également envisagés.

De son côté, le candidat de l'UDF, François Bayrou, projette de "régionaliser le système de soins" afin de réduire une "médecine à deux vitesses". Des "agences régionales de santé élargies aux élus" auraient notamment dans leurs compétences la prévention, la médecine de ville et la formation des professionnels. Un "conseil régional de santé", composé de soignants, de gestionnaires de caisses et d'associations d'usagers, serait aussi créé.

En matière de retraite, le déficit apparu en 2005 "se creuse plus tôt que prévu", indique un supplément très complet des Echos (page 6) consacré à l'audit de la France. "Le régime général du privé atteint un déficit proche de 5 milliard d'euros". Les effets de la réforme Fillon entreprise en 2003 se font encore attendre, puisque "le relèvement de la durée de cotisation de 40 à 41 ans doit par exemple intervenir d'ici à 2012". Là encore, "l'heure n'est pas à la rupture" chez les candidats, écrit Le Monde. Pourtant, l'inévitable réforme des retraites "devrait également donner lieu à des révisions déchirantes". Pour préserver l'équilibre financier du système par répartition, le futur gouvernement et les partenaires sociaux devront choisir entre trois paramètres : l'âge de départ et le nombre d'années de cotisations, le taux de ces cotisations et surtout le montant du revenu de remplacement…