Quatre mois pour sauver l’Agirc et l’Arrco

Jusqu'au mois de juin, les régimes de retraites complémentaires vont de nouveau faire parler d'eux. A compter d'aujourd'hui, les partenaires sociaux entament de nouvelles négociations afin d'élaborer un scénario qui permettra de sortir l'Agirc et l'Arrco de futures difficultés financières.

"Constituées respectivement en 1947 et en 1961, l'Agirc, qui complète la pension des cadres, et l'Arrco, qui complète celle de tous les salariés, ont longtemps été excédentaires, rappelle La Croix (page 6). Mais, à cause du papy-boom et de la crise, elles ne le sont plus depuis 2009. Pis : les réserves grâce auxquelles elles comblaient jusqu'ici ces déficits seront à sec en 2027 pour l'Arrco et dès 2018 pour l'Agirc."

Malgré ces perspectives "alarmantes", pour reprendre le qualificatif utilisé en décembre par la Cour des comptes, la situation est moins périlleuse pour l'Arrco, précise Le Figaro (page 18). Il faut dire que "le régime complémentaire des salariés est bien plus gros que celui des cadres. Il verse des retraites à 12 millions de personnes et compte 18 millions de cotisants. En 2013, ce régime était déficitaire de 405 millions d'euros".

Le régime complémentaire des cadres verse, en revanche, "des prestations à 2,7 millions de retraités. Il perçoit des cotisations de 4 millions de personnes. En 2013, le déficit s'élevait à 1,24 milliard d'euros".

Afin de renflouer les caisses, ces régimes "doivent trouver 5,5 milliards d'euros d'ici quatre ans", expliquent Les Echos (pages 2 et 3). Reste à savoir comment, sachant que chaque participant aux négociations a une position très marquée. Pour le patronat, "la ligne est claire", rapporte le quotidien économique : il va falloir reculer l'âge de départ à la retraite, c'est-à-dire qu'idéalement, il faudrait "décaler l'ouverture des droits de 62 ans à 64 ans, et la pension à taux plein de 67 à 69 ans. Une méthode radicale mais efficace pour financer les retraites".

Côté syndical, ce report de l'âge est "refusé en bloc", souligne Le Figaro. A la CGT et à FO, on préfère avancer l'idée d'une augmentation des cotisations. Une proposition refusée par le patronat et par la CFDT, "soucieuse de la compétitivité des entreprises".
La deuxième proposition phare de la CGT, ajoute L'Humanité (pages 8 et 9), consiste à "avancer vers l'égalité salariale hommes-femmes, ce qui  (...) permettrait d'annuler (pour l'Arrco) la perspective de l'épuisement des réserves, ou de ré­duire de moitié le déficit (pour l'Agirc)". Ce syndicat suggère également de "taxer les revenus financiers à la même hauteur que la cotisation salariale", voire de "moduler la contribution des entreprises selon leur politique d'emploi et de salaires, en pénalisant les plus restrictives en la matière".

Autre piste, note Le Figaro : celle d'une "fusion des deux régimes cadres et salariés et de leurs réserves (9 milliards pour l'Agirc et 55 milliards pour l'Arrco en 2013)". La CFDT, FO et la CFTC y sont favorables, contrairement à la CFE-CGC qui se retrouve aux côtés de la CGT parmi les opposants à cette fusion.

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Succédant aux élections cantonales, indique L'Humanité (pages 4 et 5), voici les élections départementales, premières du nom. Les candidats aux scrutins des 22 et 29 mars prochains avaient jusqu'à hier pour s'enregistrer auprès des préfectures, indique le quotidien. La campagne peut donc commencer. Cependant, observe La Croix (page 6), "rares sont les Français qui savent qu'ils vont devoir aller voter", d'autant que de grands changements ont été opérés sur ce vote.

Effectivement, précise L'Humanité, le mode de scrutin a été profondément remanié occasionnant "un redécoupage général des cantons". "Le rôle lui-même du conseil général est amené à évoluer dans les semaines qui viennent, au fil de l'examen par les députés du projet de loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République", poursuit le journal.

Le rapport entre les forces en présence est également appelé à changer. La gauche qui dirige actuellement 56 des 96 conseils généraux pourrait être sanctionnée : "La droite est en appétit, écrit le quotidien, le FN aux aguets, le PS inquiet, l'abstention en progrès et la gauche de transformation en quête de rassemblement."

Il est cependant "un thème particulièrement douloureux dans les collectivités locales soumises au plan national", ajoute L'Humanité : c'est celui de la réduction de 28 milliards d'euros de leurs dotations d'Etat entre 2014 et 2017. Les conseils généraux sont particulièrement impactés par cette baisse de ressources, surtout qu'ils assument "pour le compte de l'Etat une partie des dépenses sociales, avec le versement des allocations de solidarité (RSA, allocations aux personnes âgées et handicapées)". En échange, l'Etat n'a offert aucune compensation. "Reste à savoir comment ce ras-le-bol se traduira dans les urnes", observe le journal.

Frédéric Lavignette

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