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Prothèses dentaires : un accord équilibré

Deux syndicats de dentistes se sont prononcés en faveur d’une nouvelle convention, ouvrant la voie au remboursement intégral de certaines prothèses. La vigilance reste de mise quant au coût global du « reste à charge zéro ».

« L’Union dentaire et la Confédération nationale des syndicats dentaires ont accepté jeudi et vendredi de signer la nouvelle convention proposée par l’assurance maladie, qui organise le « reste à charge zéro » promis par le candidat Emmanuel Macron. Objectif : faire revenir sur le fauteuil du dentiste les 55% de Français qui renoncent à soigner leur bouche », souligne Le Parisien « Est-ce un pas décisif pour lutter contre les inégalités d’accès aux soins dentaires en France ? », s’interroge La Croix, qui considère que c’est « un vrai tournant ».

A partir de 2020, un patient n’aura plus rien à débourser pour se faire poser une couronne ou un bridge sur ses dents de devant. Tout lui sera remboursé par la Sécu et sa mutuelle. Ce qui constitue un progrès indéniable pour l’accès aux soins dentaires. Le coût de cette convention reste toutefois élevé pour les complémentaires santé. Elles devront prendre en charge environ 500 millions d’euros supplémentaires (170 millions pour les soins conservateurs plus 320 millions pour les soins prothétiques) entre 2019 et 2023.

En septembre 2016, la Cour des comptes soulignait que le renoncement à ces soins, pour motifs financiers, est deux fois plus élevé en France que dans le reste de l’Europe, rappelle La Croix.

En 2012, un assuré sur cinq déclarait avoir renoncé à des soins dentaires. « C’est aux implants et prothèses, c’est-à-dire aux soins les plus coûteux, que les Français renoncent le plus (…) », soulignait la Cour des comptes. « Dans un monde idéal, il faudrait que la priorité soit donnée à la prévention et aux soins conservateurs (…) et que les Français aillent régulièrement chez leur dentiste pour garder des dents saines, sans avoir à poser de prothèses », souligne La Croix.

Les dentistes dénoncent leurs tarifs insuffisants. « Aucun cabinet ne pourrait survivre en soignant uniquement des caries », assure un dentiste. Ainsi, la pose de prothèses représente 12% des actes des dentistes mais 62% de leurs honoraires. « Un des grands mérites de cette convention est de revaloriser les soins conservateurs. C’est une vraie avancée de santé publique », assure, dans La Croix, Thierry Soulié, président de la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD).

A l’avenir, la prise en charge des prothèses dépendra de leur localisation dans la bouche du patient. Pour les dents de derrière, le RAC zéro s’appliquera pour des couronnes en métal. En revanche, pour celles de devant, les patients auront droit à des prothèses en céramique. Deux autres conventions, en vue d’un « reste à charge zéro », en optique et en audioprothèse, sont en cours de négociations, rappelle Le Parisien.

La Mutualité française reste « attentive au coût global de la réforme du reste à charge zéro », afin d’en « mesurer l’impact » pour les mutuelles. Cette question sera au cœur des débats du 42e Congrès de la Mutualité française, qui se tiendra du 13 au 15 juin à Montpellier.

 

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John Sutton

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