Prothèses auditives : le prix des équipements en question

Plusieurs millions de Français souffrant de problèmes auditifs renoncent à s'équiper de prothèses, souligne Le Parisien/Aujourd'hui, au lendemain du 38e congrès des audioprothésistes qui vient de s'achever à Paris.

Sur les 5 à 6 millions de personnes susceptibles d'être concernées par un tel appareillage, seuls 2 millions peuvent se le permettre, indique le quotidien, qui soulève la question du prix de ces équipements.

Celui-ci "varie de 300 à 600 euros par oreille à… plus de 3.000 euros", détaille Le Parisien. Le prix moyen constaté oscille entre 1.535 et 1.550 euros l'unité. Sur cette somme, 119 euros sont remboursés par la Sécurité sociale et 350 euros en moyenne sont pris en charge par les complémentaires santé.

Pourquoi ces aides auditives sont-elles un produit de luxe ?, interroge le quotidien face à des restes à charge pénalisants. Pour certains observateurs, c'est la pénurie d'audioprothésistes qui est en cause : on en compterait en effet 3.000 dans notre pays, contre un peu plus de 5.000 en Allemagne. Une pénurie "organisée", qui finit par coûter cher aux consommateurs, comme le dénonce Frédéric Poux, le président du directoire d'Afflelou, rappelant que le numerus clausus en première année n'était que de 199 candidats.

Cette question de pénurie, "c'est du pur fantasme", s'agace Luis Godinho, président du syndicat des audioprothésistes (Unaf), préférant mettre en avant le faible remboursement des dispositifs par l'assurance maladie. Dans certains pays nordiques, le remboursement de ces dispositifs est d'ailleurs de 100%, indique Le Parisien. En Allemagne, la Sécurité sociale rembourse 840 euros par oreille et, en Suisse, 660 euros.

Quelle que soit l'origine de ce coût élevé, la situation est d'autant plus préoccupante que la perte de l'audition entraîne d'autres pathologies liées à l'isolement (dépressions, chutes…) ou les aggrave (Alzheimer, démence…). C'est pourquoi l'Autorité de la concurrence s'est autosaisie de ce dossier, déjà dans la ligne de mire de la Cour des comptes, de la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques du ministère de la santé (Drees) et de l'association de consommateurs UFC-Que choisir : ses propositions pour rationnaliser un marché estimé à 1 milliard d'euros sont attendues pour la fin de l'année.

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Frédéric Lavignette

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