Présidentielle 2017 : la prévention au programme des candidats

De François Fillon à Benoit Hamon en passant par Emmanuel Macron, tous les candidats à l'élection présidentielle inscrivent la prévention au cœur de leur programme de santé.

Il y a urgence à accorder une plus grande importance à la prévention, qui reste en France le parent pauvre avec seulement 3,2 milliards d'euros qui lui sont consacrés, soit 2% des dépenses, de soins contre 3% dans les autres pays de l'OCDE, indique Le Figaro.

Si l'assurance maladie mène des campagnes de communication contre le cancer du sein ou celui de la prostate, par exemple, "ces actions restent trop générales et pas assez ciblées pour être vraiment efficaces", regrette Laurent Ouazana, membre de l'Institut de la protection sociale (IPS). Ce think tank présentait hier une série de seize recommandations aux candidats à la présidentielle 2017 en matière de protection sociale (retraite, RSI, etc.), au premier rang desquelles la mise en œuvre d'une vraie politique de prévention en santé.

Plus une pathologie est prise en compte tôt, plus on augmente les chances de guérison du patient, et plus on diminue également les coûts pour la collectivité. "On pourrait mieux traiter et réduire de 15% à 25% les coûts de l'insuffisance rénale ou des maladies cardiovasculaires", souligne Laurent Ouazana.

Comment passer de la parole aux actes? L'IPS propose d'instituer une consultation prévention tous les ans à partir de cinquante ans. Une recommandation proche de François Fillon  qui, lui, la fixe tous les deux ans pour tous. "La réorganisation de notre système de santé passe par les médecins généralistes. Ils doivent redevenir le maillon central de notre système de santé", déclarait mercredi le candidat des Républicains, lors de sa visite dans une maison de santé de Fontainebleau (Seine-et-Marne), note Le Figaro.

De son côté, Emmanuel Macron veut aussi "miser sur la prévention pour maintenir un Ondam, qui sert à freiner l'augmentation naturelle des dépenses de santé à 2,3% sur le quinquennat, synonyme de 15 milliards d'économie". Quant à Benoît Hamon, il préconise le "remboursement par la Sécurité sociale d'une activité physique aménagée ou adaptée pour tout malade chronique, dès lors qu'un médecin la prescrit".

Pour sa part, l'Institut de la protection sociale incite à mieux utiliser les données de santé aujourd'hui sous-exploitées. Une recommandation réitérée par l'OCDE dans tous ses rapports. Pour y parvenir, l'IPS suggère l'instauration d'une consultation unique et obligatoire pour les plus de dix ans visant à collecter les données médicales des Français et à constituer une base de données précise et à jour, rapporte Le Figaro.

Dans son schéma, ce "check-up" de quarante-cinq minutes, effectué par le médecin traitant et rémunéré autour de 50 euros, serait obligatoire et pris en charge à 100%, cofinancé par les régimes obligatoires (85%) et complémentaires (15%). "Le but de cette campagne nationale de collecte de données médicales serait d'instaurer un radar de bonne santé et de diriger certaines populations vers des examens ou analyses", explique Laurent Ouazana.

A lire aussi dans la presse

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)