Présidentielle 2017 : demandez le programme santé des candidats !

Le Monde dresse un état des lieux des propositions des candidats à la présidence de la République en matière de santé.

Le Monde passe au peigne fin les propositions des candidats à l'élection présidentielle en matière de Sécurité sociale, de mutuelles et du prix des médicaments.

Face au coût élevé des médicaments innovants, Emmanuel Macron souhaite "mettre les moyens en face des innovations les plus intéressantes et adapter de façon dynamique les prix des molécules anciennes ou moins pertinentes". Il estime que la fixation du prix des médicaments gagnera à "s'ouvrir davantage, à son tour, au point de vue et à la voix des usagers".

De son côté, François Fillon estime que "ce qui importe est de définir avec les industriels le juste prix". Pour sa part, Benoît Hamon propose des baisses de prix "en instaurant une plus grande transparence des négociations". Ce candidat compte "renforcer les moyens des agences qui évaluent l'efficacité des médicaments, en particulier l'évaluation médico-économique".

Marine Le Pen veut développer la distribution des médicaments à l'unité et agir sur leur prix en utilisant la licence d'office. La candidate du Front national promet d'engager "un bras de fer avec les laboratoires pharmaceutiques qui rechigneraient à adapter le prix de leurs médicaments, déterminé non pas en fonction de leur coût".

Jean-Luc Mélenchon est favorable à la fabrication de médicaments par une entité publique, afin d'instaurer un rapport de force avec l'industrie pharmaceutique. Le leader de La France insoumise s'engage à interdire la publicité sur le médicament et l'accès libre des visiteurs médicaux dans l'hôpital public.

Concernant le reste à charge pour les patients, François Fillon prévoit la fin du tiers payant généralisé. "Une franchise universelle, calculée en fonction des revenus de l'assuré, remplacerait le ticket modérateur et les franchises actuelles. Elle pourrait être prise en charge par les complémentaires", avance Le Monde. Le candidat des Républicains veut également orienter le petit risque vers les assurances complémentaires. Au contraire, Benoît Hamon récuse la notion de "petit risque" et compte supprimer les franchises médicales. Il suggère d'augmenter la part prise en charge par l'assurance maladie obligatoire notamment pour les "soins courants".

Emmanuel Macron, quant à lui, s'engage à ne dérembourser aucun soin, jugeant les déremboursements à la fois inefficaces et injustes, résume Le Monde. Le candidat d'En marche prône la prise en charge à 100% de l'optique, l'audition et le dentaire pour 2022.

Marine Le Pen prône le maintien du secteur 2 en l'état tout en jugulant les dépassements d'honoraires excessifs. Elle ne souhaite pas toucher à la part de l'assurance maladie obligatoire et des complémentaires dans la prise en charge des soins.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon opte pour un remboursement à 100 % par la Sécurité sociale des soins prescrits (y compris l'optique et les appareils dentaires et auditifs), pour la suppression des dépassements d'honoraires assortie d'une revalorisation de certaines rémunérations. Le candidat de la France insoumise souhaite renforcer le paiement au forfait et créer des centres de santé pratiquant le tiers payant.

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John Suttton

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