Précarité : le Cese propose un revenu minimum

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) défend la création, dès 2018, d'un "minimum social garanti", sous conditions de ressources.

"Comment faciliter l'accès des plus démunis aux ultimes filets de sécurité de la République ?", interrogent Les Echos.

Dans un projet d'avis adopté le 25 avril 2017, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) propose de fusionner, dès 2018, tous les minima sociaux dans un "revenu minimum social garanti". Pour le quotidien, "cette nouvelle prestation n'a pas de lien avec le revenu universel de base de Benoît Hamon, car elle ne concerne pas les travailleurs modestes, mais seulement ceux qui vivent des minima sociaux".

Concrètement, complète La Croix, cet avis, présenté par Marie-Aleth Grard (ATD Quart Monde) et Martine Vignau (Unsa), suggère de distribuer un socle de 600 euros par mois et par personne (contre 545 euros pour le RSA).

Il serait versé à tous les bénéficiaires de minima, "qu'ils soient inactifs, chômeurs en fin de droits, handicapés, retraités, veufs, demandeurs d'asile ou invalides", rapportent Les Echos, avec "un complément de rémunération pour les allocataires de l'allocation adulte handicapé (AAH) ou du minimum vieillesse, qui touchent environ 800 euros par mois aujourd'hui".

Pour lutter contre le non-recours, le Cese préconise en outre l'expérimentation d'un versement automatisé.

"Le système des minima est un dédale impossible, illisible et miné par le non-recours, parce qu'on mélange toujours les politiques de lutte contre la pauvreté avec la politique familiale ou le logement", expliquent, dans Les Echos, les co-rapporteures.

Ces dernières plaident pour "une politique lisible, qui sécurise les personnes en leur garantissant qu'elles toucheront bien ces 600 euros mensuels". Contrairement à ce qui se produit avec le RSA, il ne sera pas possible de retrancher les autres aides de ce revenu minimum, défendent-elles.

Evidemment, "le revenu minimum social garanti ne fera pas tout. Il faudra également accompagner les bénéficiaires vers la réinsertion, notamment via le compte personnel d'activité et en s'appuyant sur la garantie jeunes", commentent Les Echos, qui soulignent que "les rapporteures n'ont pas chiffré le coût d'une telle politique".

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John Sutton

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