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Pollution de l’air : 7 millions de morts par an

Plus de 90% de la population mondiale respire un air pollué, alerte l'Organisation mondiale de la santé, qui estime que la pollution est responsable de 7 millions de décès chaque année.

"La pollution de l'air ne fait pas seulement tousser, elle tue en masse", constate Le Monde. Chaque année, 7 millions de personnes décèdent dans le monde parce qu'elles respirent un air trop chargé en particules fines, selon le dernier bilan publié mercredi 2 mai par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La pollution de l'air fait davantage de victimes que le sida, la tuberculose, le diabète et les accidents de la route cumulés.

Désormais, l'OMS reconnaît la pollution de l'air comme un "facteur de risque majeur" des maladies non transmissibles considérées comme étant à l'origine de 70% des décès dans le monde. Selon les estimations de l'institution onusienne, ce risque serait, chez les adultes, en cause dans 29% des morts par cancer du poumon, 25% par AVC, 24% par infarctus et 43% des maladies pulmonaires chroniques obstructives (broncho-pneumopathies, asthme…).

Ce risque s'accroît. Le dernier bilan (2016) faisait état de 6,5 millions de décès. Cette augmentation s'explique par une explosion de la mortalité due à la pollution de l'air extérieur (4,2 millions contre 3 millions en 2016). Les décès imputables à la pollution de l'air intérieur, quant à eux, régressent de 4,3 millions à 3,8 millions.

Un autre chiffre donne la mesure du péril : 91% de la population mondiale est exposée quotidiennement à un air contenant de "hauts niveaux de polluants". "Cela représente un risque majeur pour la santé des populations », estime, dans Le Monde, Maria Neira, directrice du département de santé publique de l'OMS. Les premières victimes sont les enfants et les femmes. La pneumonie est la principale cause de mortalité chez les moins de 5 ans. "La pollution de l'air est une menace pour nous tous, mais les populations les plus pauvres et les plus marginalisées sont les premières à en souffrir, déclare, dans Libération, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"On ne peut pas accepter que plus de 3 milliards de personnes – surtout des femmes et des enfants – continuent de respirer tous les jours des fumées mortelles émises par des fourneaux et des combustibles polluants à l'intérieur de leurs habitations, dénonce le patron de l'OMS, dans Libération. Si nous n'agissons pas très vite, le développement durable restera une chimère." Malgré ce tableau catastrophique, il se félicite, dans Le Monde, que "des leaders politiques, à tous les niveaux, et notamment des maires, commencent à prendre le sujet au sérieux et à agir".

L'organisation salue les efforts de la Chine, qui a décrété la fin du chauffage au charbon, ou de Mexico qui, comme Paris, a annoncé l'interdiction des véhicules diesel dans ses rues d'ici à 2025. En Europe, la Commission semble enfin décidée à mettre la pression sur les Etats qui ne respectent pas sa directive de 2008 sur la qualité de l'air.

Faute de réponses adéquates, Bruxelles pourrait renvoyer certains de ses Etats devant la Cour de justice européenne. La sanction pourrait être rendue avant fin mai. Pour convaincre un maximum de pays de déclarer la guerre à ce "tueur invisible", l'OMS organisera, à Genève, du 30 octobre au 1er novembre 2018, la première conférence mondiale sur la pollution de l'air et la santé, indique Le Monde.

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John Sutton

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