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Politique gouvernementale : la CFDT durcit le ton

A compter d'aujourd'hui, et pour cinq jours, se tient à Marseille le 48e congrès de la CFDT. Laurent Berger, le secrétaire général du syndicat depuis 2012, devrait être réélu dans ses fonctions, signe d'une certaine satisfaction des militants de la deuxième organisation syndicale de France, après la CGT, annonce Le Monde (page 10).

Pour autant, écrit le quotidien, "le congrès ne sera pas un long fleuve tranquille", puisqu'il devra "dissiper l'image d'une trop grande proximité avec un pouvoir de plus en plus impopulaire". Depuis l'élection de François Hollande rappelle Le Figaro (page 25), la CFDT a en effet signé tous les textes gouvernementaux, notamment la nouvelle convention d'assurance chômage. Contrairement à FO et à la CGT, la centrale syndicale a également paraphé "l'accord sur la sécurisation de l'emploi de janvier 2013 qui accroît la flexibilité du marché du travail", de même que la réforme de l'ancien Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sur les retraites.

Aujourd'hui, face au mécontentement des Français vis-à-vis de la politique du pays, les "dirigeants du syndicat tenteront de se démarquer du gouvernement, pour ne pas être entraînés dans sa chute", indique Le Figaro.

Dans un entretien accordé au Journal du dimanche (page 21), Laurent Berger a effectivement veillé à marquer ses distances par rapport au gouvernement, en particulier en ce qui concerne la politique de l'emploi. Selon lui, une "politique économique plus dynamique" s'impose afin de favoriser l'investissement et la formation.

Pour Laurent Berger, "chacun doit prendre ses responsabilités", notamment le patronat qui "doit ouvrir de nouvelles négociations sur l'emploi des jeunes sans tarder et tenir sa parole sur le pacte de responsabilité". Il déclare ne pas avoir "confiance a priori" dans les garanties avancées par le Medef : "Le patronat fait de la surenchère. Il explique semaine après semaine ce qu'il faut faire pour sauver l'économie et les emplois, et quand on lui dégage des marges financières, il demande encore autre chose et se comporte en lobbyiste. A quoi cela rime-t-il ?"

La CFDT compte faire pression d'ici la conférence sociale qui se tiendra les 7 et 8 juillet. Si rien n'a bougé, Laurent Berger en tirera les conclusions, a-t-il déclaré et promet de demander au gouvernement de "revenir sur sa politique de soutien aux entreprises". En dépit de ce genre de prise de position, "la centrale ne franchit pas la ligne rouge avec la CGT", remarque L'Humanité (pages 8 et 9). Néanmoins, la CFDT est "consciente que, lorsque le rapport de forces devient indispensable, l'unité d'action est incontournable, comme cela a été le cas dernièrement dans la fonction publique."

 

Menaces sur les prestations d'invalidité

Le gouvernement plancherait actuellement sur une nouvelle mesure d'économies qui risque de créer de nouveaux mécontentements, croient savoir Les Echos (page 5). Probablement intégrée au projet de loi de financement rectificatif de la Sécurité sociale (PLFRSS), qui sera présenté lors du Conseil des ministres du 18 juin, cette disposition prévoit "le gel des prestations d'invalidité et des rentes versées aux victimes d'accidents du travail et de maladies professionnelles, quel que soit leur niveau".

Versées aux personnes qui sont dans l'incapacité de reprendre leur travail après un accident ou une maladie d'origine non professionnelle, les pensions d'invalidité dépendent du salaire de référence et du degré d'invalidité. Leur montant s'élève au maximum à 1.564,50 euros par mois. De leur côté, explique le quotidien économique, "les rentes AT-MP sont versées aux personnes dont l'incapacité permanente a été provoquée par un accident du travail ou une maladie professionnelle".

Le gel de ces prestations permettrait d'économiser 150 millions d'euros l'an prochain et 200 millions à partir de 2016, détaille Vincent Collen. Cependant rien ne garantit la mise en œuvre d'un tel projet. En effet, l'aile gauche des députés de la majorité y est opposée, au même titre que les associations de défense des malades. "Les prestations sont déjà d'un montant très modeste. Les geler mettrait de nombreuses personnes en difficulté, même si cela ne représente que quelques euros en moins par mois", dénonce par exemple Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath (accidentés de la vie).

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)