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Plan de redressement de la Sécu : colmatage

"Le réveil est brutal", jugent Les Echos (page 3). Pour sa part, Libération (page 10) parle de "gueule de bois" pour la Sécurité sociale après l'annonce hier par le ministre des Comptes publics, Eric Woerth, et la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, des prévisions 2007 pour le régime général. Effectivement, cette année, la "Sécu" devrait afficher un déficit de 12 milliards d'euros, au lieu des 8 milliards attendus en septembre dernier.

Toutes les branches seront à nouveau dans le rouge, constate La Tribune (page 25) : "La branche retraite accusant la plus forte dégradation" avec un déficit de 4,7 milliards d'euros, contre 1,9 milliard l'an dernier. La branche famille enregistre pour sa part un "trou" de 700 millions d'euros.

Mais c'est surtout l'assurance maladie qui, "une fois de plus, plombe l'ensemble des comptes", constate La Croix (page 17). Son déficit atteindrait 6,4 milliards d'euros. Un dérapage que la loi de financement de la Sécurité sociale 2007 n'avait pas envisagé avec autant d'excès, puisqu'elle l'avait limité à 3,9 milliards d'euros.

Le plan de redressement, présenté hier par Eric Woerth et Roselyne Bachelot, vise à économiser 417 millions d'euros en 2007 et 1,2 milliard en année pleine. Comme le souligne Le Parisien/Aujourd'hui (page 9), "un tiers des mesures touchera directement les assurés". L'Humanité (page 6) titre d'ailleurs : "Patients, à vos poches !".

Interrogé ce matin sur BFM TV, le président de la Mutualité française estime que ce plan relève d'un "colmatage". Sur France Info, Jean-Pierre Davant a estimé qu'il s'agissait de "mesures conjoncturelles prises dans l'urgence". "Depuis vingt-cinq ans, on est obligé de s'adresser aux Français périodiquement pour dire : "Il y a un trou de la Sécurité sociale, il faut prendre des mesures d'urgence". Et la plupart du temps, ces mesures sont pénalisantes." Avant d'ajouter : "Il faut que la société se comporte de manière adulte et que nous puissions gérer notre système de santé convenablement."

Comparant la situation à celle rencontrée au moment du plan Juppé, Jean-Pierre Davant a regretté, sur BFM, qu'"on n'envisage jamais les mesures qui visent à reformater notre système de santé, c'est-à-dire à faire que notre système mis en place il y a environ soixante ans soit modernisé en fonction du progrès médical".

Invité ce matin du journal de France Inter, le président de la Mutualité française s'est étonné que le dossier médical personnel (DMP) n'ait toujours pas été mis en place. Connaître le passé médical d'un patient permet, en effet, "d'assurer une meilleure qualité des soins à tous les concitoyens. On dépense mieux notre argent, donc cela est satisfaisant", a conclu Jean-Pierre Davant.

Le plan présenté hier n'est qu'une première étape. Comme l'indique La Tribune (page 25), "le gouvernement travaille à d'autres mesures, comme l'instauration de franchises médicales". Lors d'un "chat" vidéo sur Internet de Matignon, le Premier ministre, François Fillon, a indiqué, hier, que "la franchise à laquelle nous sommes en train de travailler sera sans doute liée aux revenus".

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Le texte de loi sur le "dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres" a été adopté hier en Conseil des ministres. Il devrait être examiné par le Sénat à partir du 17 juillet, indiquent Les Echos (page 3). L'adoption de ce texte devrait être définitive cet été, a affirmé le président de la République, Nicolas Sarkozy.

Divisé en trois volets, ce texte vise à "instaurer un service minimum dans les transports publics", explique Le Figaro (page 21), En même temps, le texte repose sur l'idée qu'"en renforçant le dialogue social dans les entreprises de transport", les grèves pourront être "évitées" pour une large part, poursuivent Les Echos.

Coté syndicat, la fédération Sud-Rail se demande si le gouvernement ne fait pas le "choix du conflit social" en restreignant "le droit de grève". Par ailleurs, les syndicats déplorent que ce projet de loi ne s'attaque pas aux éléments déclencheurs des conflits.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)