Plan anticancer : mise en place de paquets de cigarettes neutres

Dans un proche avenir, les paquets de cigarettes devraient tous se ressembler. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, présente aujourd’hui en Conseil des ministres son plan anticancer, lequel comprend, entre autres mesures, la mise en place de paquets de cigarettes neutres, c'est-à-dire sans aucune mention de la marque sur l’emballage

Actuellement, explique Le Parisien/Aujourd’hui (page 10), l’Australie est le seul pays à avoir adopté cette norme. C’était en 2010. La Grande Bretagne pourrait également suivre cet exemple en 2015. Cette tendance a beau se multiplier, rien ne prouve pour autant que l’absence de logo, de couleur ou d’image sur les paquets encourage la baisse de la consommation de tabac.

D’après le Comité national contre le tabagisme (CNCT), "les emballages des produits du tabac sont conçus par les cigarettiers comme de véritables supports publicitaires et de promotion pour attirer des consommateurs de plus en plus jeunes". Généraliser un paquet unique et peu attractif serait par conséquent, "un moyen de casser cette stratégie marketing", note La Croix (page 8).

Toutefois, selon une étude publiée dans le British Medical Journal, les paquets neutres n’auraient pas entraîné de baisse significative de la consommation de tabac en Australie, les ventes étant restées stables en 2013. Et ce dispositif n’aurait pas entraîné non plus d’explosion de la contrebande, ni de report des achats vers des cigarettes moins chères, comme l’industrie du tabac en avait brandi la menace.

"La meilleure preuve de l’efficacité de cette mesure, c’est l’ensemble des systèmes de défense, et les hurlements, de l’industrie du tabac pour s’y opposer", considère le Pr Gérard Dubois, président d’honneur de l’Alliance contre le tabac dans Le Parisien/Aujourd’hui.

Il faut dire que les réactions des cigarettiers et des débitants de tabac ne manquent pas. Hier, à l’issue d’une réunion avec la ministre, Pascal Montredon, président de la Confédération des buralistes, a estimé que cette annonce était "une terrible douche froide" pour le secteur. Les industriels du tabac, notamment la Seita, filiale du britannique Imperial Tobacco, ont, quant à eux, prédit une "longue bataille judiciaire" avec le gouvernement s’il confirmait ses intentions, préviennent Les Echos (page 4). D’autant que, d’après eux, "le gouvernement enfreint le droit de la propriété intellectuelle" attaché aux marques en voulant imposer des paquets de cigarettes tous semblables.

 

Vers un investissement à impact social

La secrétaire d’Etat chargée de l’Economie sociale et solidaire, Carole Delga, recevra aujourd’hui le rapport du Comité français sur l’investissement à impact social. "Derrière cette appellation un peu absconse se cache un enjeu fondamental pour les associations et organismes sociaux", écrit La Croix (page 17). Confrontés à des restrictions financières publiques, ces derniers doivent en effet concevoir d’autres formes de ressources.

En 121 propositions, le Comité propose d’axer sa quête de financements vers de nouveaux territoires inspirés de ce qui se pratique déjà en Grande-Bretagne. L’idée consiste à "passer de la dépense sociale à l’investissement social", explique au quotidien, Hugues Sibille, vice-président du Crédit coopératif, qui a également présidé le comité.

A titre d’exemple, écrit La Croix, "il s’agit de faire financer le programme d’une association par un investisseur privé. Puis de le faire rembourser, avec taux d’intérêt, par les pouvoirs publics si l’association a atteint les objectifs sociaux qui lui sont définis. Dans le cas contraire, l’investisseur perd tout ou partie de son argent".

Dans ce schéma, tout le monde y gagne si les objectifs sont atteints, remarque La Croix. A commencer par l’opérateur social "qui a accès à des budgets prévisibles". Ensuite, l’investisseur privé a été remboursé et a même obtenu un retour sur investissement. Enfin, les pouvoirs publics "qui certes ont payé un surcoût (correspondant à la rémunération de l’investisseur), mais un surcoût contrebalancé par les économies réalisées sur le long terme grâce à la résolution d’un problème social".

 

Baisse attendue du nombre de mutuelles

La mise en place la généralisation de la complémentaire santé en entreprise pourrait se traduire par une perte de 2,1 milliards d’euros de cotisations pour les mutuelles, estime une étude de Sia Partners, rapportée par Les Echos (page 30). Ce qui équivaut à une "contraction de 10% de leurs parts de marché", poursuit ce cabinet conseil.

En 2018, selon Sia Partners, il ne devrait rester que 100 mutuelles non substituées, soit quatre fois moins qu’à fin 2012. Et "sur les 200 mutuelles encaissant moins de 20 millions d’euros de cotisation, seule une cinquantaine devrait être encore là dans cinq ans".

Le cabinet de conseil estime, en outre, que les groupes de protection sociale (GPS) "seront les principaux acteurs du mercato des mutuelles dans les trois prochaines années". En effet, "des unions entre mutualistes et groupes de protection sociale paraissent naturelles, car elles permettent d’assurer les individus tout au long de leur vie en exploitant au mieux l’ensemble des sorties de contrats collectifs et de profiter du maillage territorial des mutuelles".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)