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Pilules de 3e et 4e générations : le processus judiciaire s’accélère

L'affaire sanitaire des pilules de 3e et 4e générations entre dans une nouvelle phase. Après la plainte d'une jeune Bordelaise le mois dernier, 14 nouveaux dossiers ont été déposés hier devant le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Ces actions en justice visent les fabricants pour "homicide involontaire" et "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine". L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) est également sur la sellette, indique Le Monde.

Le quotidien Le Monde, qui n'évoque d'ailleurs que 12 plaintes, alors que Libération en signale 14, explique que "onze des plaignantes sont encore en vie". Sur ce nombre, "six ont subi une embolie pulmonaire, quatre un AVC [accident vasculaire cérébral], et la dernière une thrombophlébite cérébrale". Ces accidents sont survenus alors qu'elles étaient âgées de 18 à 46 ans. Toutes les victimes avaient en commun de prendre des pilules de 3e et 4e générations, sous forme de princeps ou de génériques, depuis trois, six ou quinze mois.

Parmi les marques ou molécules incriminées dans la catégorie de produits de 3e génération, on compte Désobel®, Melodia®, Carlin® 20 ou Varnoline® et les génériques du Gestodène Ethinylestradiol 30. Pour ce qui des pilules de 4e génération, on cite Yaz®, Jasmine®, Jasminelle® ou encore Diane® 35. Fabriqués par les laboratoires Bayer, Effik, MSD France et Biogaran, ces pilules étaient soit utilisées comme contraceptifs, leur vocation première, soit, par usage détourné, comme antiacnéiques.

Celle qu'utilisait Théodora Markarian s'appelait Mercilon®, indique Le Monde. C'est le planning familial qui la lui avait prescrite, deux mois avant son décès, le 14 octobre 2007, emportée par une embolie pulmonaire sur le chemin du lycée. Elle avait 17 ans, était sportive, ne fumait pas, mais comme un dixième de la population, elle présentait des troubles de coagulation du sang, donc des risques plus élevé de formation de caillots sanguins.

Après sa mort, son père a tout tenté pour attirer l'attention sur la dangero­sité de ces pilules chez certains sujets. En 2010, écrit Libération (pages 14 et 15), première reconnaissance : la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) du Rhône atteste que l'embolie pulmonaire de sa fille est en liaison avec la prescription de sa pilule. Par la suite, le père écrit au ministère de la Santé et à l'Afssaps, devenue l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui le recevront à deux reprises en 2011.

Lors de ces rencontres, il expose le cas de sa fille disparue, évoque ses inquiétudes. "On vous écoute, confie-t-il à Libération, mais ça ne va pas plus loin." Pour les médecins qui le dissuadent de dépenser son énergie dans un combat perdu d'avance, "j'étais le pot de terre contre le pot de fer", explique-t-il.

Mais la ténacité paie parfois, comme on l'a vu avec l'affaire du Mediator® révélée par le docteur Irène Franchon. Sans elle, le système du laboratoire Servier n'aurait pas été dévoilé. Et le dossier est loin d'être clos. Dans le cadre du volet tromperie et prise illégale d'intérêt de cette affaire, prévient Le Figaro (page 11), plusieurs mises en examen devraient être prononcées dans le courant du mois de février : elles visent non seulement des représentants du laboratoire mais aussi de l'Agence du médicament.

Pétition pour "libérer" les données de santé
Le manifeste pour la "libération" des données de santé, lancé notamment à l'initiative d'Alain Bazot (UFC-Que choisir) et Christian Saout, l'ancien président du CISS (usagers des soins), commence à rencontrer un certain succès sur Internet, observe Le Parisien/Au­jourd'hui (page 5).Une pétition est ouverte sur le site : www.opendatasante.com.

Son objectif est notamment de "permettre à tout patient d'être mieux informé afin de bien choisir son hôpital ou son médecin", explique le quotidien. Les usagers souhaitent ainsi être avertis des tarifs pratiqués par les hôpitaux, de leur taux de réussite pour certaines techniques de soins ou encore des prix des couronnes chez les dentistes, voire des taux de prescriptions des médecins.

Le site www.fourmisante.com a eu récemment maille à partir avec la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) pour avoir utilisé dans ce but des données collectées sur www.ameli.fr, rappelle-t-on.

Frédéric Lavignette