Pharmacie : favoriser les sites de vente en ligne de médicaments

L'Autorité de la concurrence a émis hier un avis défavorable concernant deux projets d'arrêtés réglementant la vente en ligne de médicaments. Cet organisme estime qu'ils feraient peser des contraintes excessives sur cette activité. Pour elle, ces textes introduisent des "contraintes additionnelles disproportionnées par rapport à l'objectif de protection de la santé publique", indiquent Les Echos.

Il s'agit notamment des nombreuses formalités requises pour vendre les médicaments en ligne et qui s'apparentent aux exigences à remplir pour une certification ISO 9001, formalités non imposées aux officines de ville. Autre handicap : les contraintes techniques proposées conduisent à un allongement du temps de réalisation de la commande. "Or, quel que soit le secteur du commerce en ligne considéré, tout ce qui ralentit une commande incite l'internaute à changer de site. Ces contraintes pèsent lourd sur les officines numériques qui sont le plus souvent de petites structures", commente le quotidien économique.

Le précédent arrêté du 20 juin 2013 "n'a permis qu'un développement très faible de la vente en ligne en France", constate l'Autorité de la concurrence, qui se déclare "favorable" à l'utilisation par les pharmaciens d'officines de cette nouvelle forme de vente. Depuis 2013, la commercialisation sur Internet est autorisée pour les seuls médicaments sans ordonnance et limitée aux pharmaciens inscrits à l'Ordre. Mais elle reste toujours très limitée: "sur 22.401 officines recensées au 1er janvier 2015, seules 301 ont développé un site Internet" à cet effet, soit 1,34%, ce qui est "dix fois moins qu'en Allemagne", observe l'Autorité.

Ce faible développement de la vente en ligne place les pharmaciens français volontaires en position d'infériorité par rapport à leurs concurrents étrangers. Aujourd'hui déjà, des sites allemands, néerlandais et britanniques ont développé des versions en langue française, mais des géants comme Doc Morris pourraient aussi s'en mêler et bouleverser totalement le paysage. Pour l'Autorité de la concurrence, la multiplication de sites "made in France" devrait également limiter le recours par les patients à des sites illégaux de ventes en ligne de médicaments.

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