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Pénuries de médicaments : les remèdes du Sénat

Pour tenter d'endiguer les ruptures de stock de médicaments dans les pharmacies hospitalières et les officines de ville, les sénateurs ont formulé une trentaine de propositions.

Avec 530 signalements, soit dix fois plus qu'il y a dix ans, 2017 a constitué une année record en France en matière de rupture de stock et d'approvisionnement pour des médicaments essentiels. C'est-à-dire, selon la définition de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), ceux dont "l'indisponibilité transitoire, totale ou partielle est susceptible d'entraîner un problème de santé publique (mise en jeu du pronostic vital, perte de chance importante pour les patients)" et pour lesquels il n'y a pas d'alternative thérapeutique disponible sur le marché français, rapporte Le Monde.

"Les pharmaciens font face, à l'hôpital comme en officine, à des phénomènes le plus souvent diffus, mais récurrents et fortement déstabilisateurs pour la continuité des soins", pointe une mission d'information du Sénat.

Parmi les ruptures les plus graves, constatées ces dernières années, figurent l'antibiotique Amoxicilline®, le vaccin contre l'hépatite B et un des traitements les plus courants de la maladie de Parkinson, le Sinemet®, dont la pénurie pourrait durer jusqu'en mars 2019, selon l'ANSM. Autre exemple, l'anticancéreux 5-Fluorouracile® (laboratoire Teva), utilisé dans le traitement de plusieurs cancers, connaît actuellement de fortes difficultés de disponibilité.

Les causes de cette pénurie sont multiples. Mais les deux principales semblent être une réglementation contraignante et la moindre rentabilité de ces molécules, selon Le Monde. Afin de lutter contre ce phénomène, le Sénat formule plusieurs propositions. D'abord, en définissant au niveau européen la notion de "médicament essentiel". Les sénateurs proposent aussi de "recréer les conditions d'une production pharmaceutique de proximité" grâce à des incitations financières.

"C'est l'indépendance sanitaire de notre pays qui est désormais remise en cause", s'inquiètent les sénateurs. Pour sa part, l'Académie de pharmacie rappelle que "60 à 80% des matières actives à usage pharmaceutique ne sont pas fabriquées dans les pays de l'Union européenne, mais en Inde et en Asie, contre 20% il y a trente ans".

Pour remédier au "désengagement des laboratoires", les sénateurs proposent que deux institutions publiques, la Pharmacie centrale des armées et l'Agence générale des équipements et produits de santé (Ageps) les produisent, notent Les Echos.

Enfin, le Sénat propose également de développer des achats groupés dans l'Union européenne de vaccins essentiels, mais aussi de certains médicaments destinés à des populations plus restreintes, poursuivent Les Echos. Des amendements dans ce sens pourraient être déposés dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), croit savoir Le Figaro.

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John Sutton

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