Optique : une régulation rapide des tarifs est impérative

La sortie hier dans Le Parisien/Aujourd’hui d’un nouveau sondage sur les difficultés de nos concitoyens à accéder aux soins d’optique a alimenté les chroniques santés des chaînes de télé et de radio. Interviewé dès la sortie de l’enquête dans le quotidien, le président de la Mutualité Française est également intervenu sur plusieurs antennes.

Suite au sondage d'hier sur les tarifs des lunettes parues dans le Parisien/Aujourd'hui et commenté par Etienne Caniard, le président de la Mutualité Française est intervenu en soirée sur différentes chaînes publiques.

Etienne Caniard a appelé à plus de régulations dans un secteur délaissé par la Sécurité sociale : 4% seulement de la dépense, a-t-il souligné au cours de l’émission "C’est à vous".

Les Français ont des difficultés pour soigner leur vue parce que les ophtalmologues sont en nombre insuffisant et pratiquent souvent des dépassements d’honoraires coûteux, a indiqué le président de la Mutualité Française. Le reste à charge laissé par l’assurance maladie obligatoire sur l’optique aggrave ensuite la situation.

Dans un reportage très complet diffusé dans l’édition nationale du 19-20 de France 3, Etienne Caniard a indiqué que les mutuelles étaient prises au piège par la pratique de certains opticiens qui consiste à pudiquement "ajuster" leurs prix aux tarifs de remboursement des complémentaires. Dès lors, la solution n’est pas une "course à l’échalote" dans les prises en charge mais bien dans une régulation par les pouvoirs publics.

Au final, observe le reportage, la France est le pays d’Europe où le prix des lunettes est le plus cher : 470 euros en moyenne, dont 112 euros pour la monture et les verres et 275 euros pour l’opticien. Le nombre de magasins d’optique a doublé en dix ans : chaque boutique vend en moyenne 2,8 paires de lunettes par jour, ce qui n’est pas suffisant économiquement et incite les opticiens à faire grimper les prix, ajoute Mathieu Escot, de l’association UFC-Que Choisir.

"Nous sommes confrontés à deux difficultés : l’incapacité à maîtriser l’offre des opticiens et le coût des lunettes, qui sont 50% plus chères qu’en Allemagne. Conséquence : c’est le reste à charge des Français qui augmente", a résumé Etienne Caniard au cours de l’émission "Europe midi Votre Journal".

Pour sortir de cette impasse préjudiciable aux usagers des soins, il est nécessaire de mettre en place "un conventionnement entre les opticiens et les financeurs de ces soins", a fait valoir, toujours sur Europe 1, le président de la Mutualité Française, ajoutant que dans le réseau des Opticiens mutualistes, les lunettes étaient deux fois moins chères que dans les autres enseignes. "Il est nécessaire de réguler ce marché. Quand un opticien vous propose une seconde paire gratuite, c’est en fait l’adhérent qui la paie !"

Retraites : la réforme des droits familiaux repoussée

Le projet de loi sur la réforme des retraites ne contient finalement aucune mesure précise sur les droits familiaux, nous apprennent Les Echos (page 2). "Nous ne modifierons pas la législation tout de suite. […] Le Premier ministre a fixé un cap en indiquant que la réforme devrait commencer à partir de 2020. Nous poursuivrons la concertation dans les prochains mois pour en définir les modalités", précise la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, dans un entretien accordé au quotidien économique.
Dans l’immédiat, seule la majoration de retraite de 10 % dont bénéficient les parents de trois enfants "sera plafonnée, pour être mieux redistribuée sous forme d’un forfait dès le premier enfant et davantage ciblée sur les femmes, puisque ce sont elles qui aujourd’hui pâtissent de fait des interruptions d’activité dans leurs carrières", explique la ministre.

Si le gouvernement temporise sur les autres mesures, c’est que le sujet est sensible : les droits familiaux sont censés corriger, au moment de la retraite, les aléas de carrière liés aux enfants, rappellent Les Echos. Aussi anciens que la Sécurité sociale, ils concernent toutes les mères de famille, et aussi une bonne partie des pères, représentant une dépense de 12 milliards d’euros par an.

"Le projet de loi comprend plusieurs autres mesures, d’application immédiate cette fois, qui favoriseront le calcul de la retraite pour les femmes", assure Najat Vallaud-Belkacem. Elles concernent "les petits temps partiels", la prise en compte de l’ensemble du congé maternité et, enfin, les parents d’enfants handicapés qui arrêtent de travailler pour s’en occuper.

Pascal Lelièvre, Jean-Michel Molins et John Sutton