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Soins optiques et dentaires : une promesse non chiffrée

Emmanuel Macron et François Fillon se sont engagés le 21 février, lors du débat Place de la santé organisé par la Mutualité Française, à supprimer le reste à charge pour les soins optiques et dentaires.

"Les dépenses d'optique, de soins dentaires ou d'audioprothèses, aujourd'hui souvent mal remboursées, pourraient-elles être entièrement prises en charge d'ici à cinq ans ?", interroge Le Monde.

Six semaines après avoir été lancée par Emmanuel Macron, cette promesse de campagne a été reprise, mardi, lors de la manifestation Place de la Santé, organisée par la Mutualité Française le 21 février, par François Fillon, qui en a fait une mesure-phare de son nouveau programme en matière de santé. Les deux candidats s'engagent à supprimer le reste à charge pour les assurés sociaux en 2022, grâce à une contribution supplémentaire des complémentaires santé.

Pour les soins optiques et dentaires, les Français en sont aujourd'hui chaque année pour 4,4 milliards d'euros de leur poche ! L'assurance maladie remboursant mal ces dépenses, "les complémentaires financent à plus de 70% les soins d'optique, à 40% les soins dentaires et à 30% l'audioprothèse", rappelle Le Monde. Conséquence : sur 6 millions de malentendants en France, 3 millions sont appareillables, mais 1 million d'entre eux ne sont pas équipés en raison de ces coûts, a récemment rappelé l'Autorité de la concurrence. La baisse des restes à charge est donc un enjeu décisif de santé publique, souligne Le Monde.

"Les propositions ne sont pas complètement utopiques, les sommes en jeu ne sont pas inatteignables, mais on ne comprend pas totalement comment on va y arriver", a réagi le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss).

Première inconnue : le périmètre exact concerné par la mesure. "Une telle promesse n'a de sens que si on définit le niveau des prestations, souligne Gérard de Pouvourville, titulaire de la chaire santé à l'Essec. Est-ce que l'orthodontie, très coûteuse, fera partie du package ? Est-ce qu'on rembourse une paire de lunettes ou deux ? Les verres des lunettes pris en charge sont-ils simples ou progressifs ?" Des questions auxquelles les candidats n'ont pour l'instant répondu que partiellement, se contentant, par exemple, d'exclure le remboursement des montures de lunettes "luxueuses"", rappelle Le Monde.

Seconde interrogation : cette promesse peut-elle être tenue sans s'accompagner d'une hausse significative des tarifs des complémentaires ? "Il n'y a pas de secret, si nous avons plus de frais de soins à rembourser, nous serons contraints d'appeler plus de cotisations", explique, au Monde, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, en rappelant que, de 2001 à 2015, les contributions des mutuelles sont déjà passées de 15 milliards à 26 milliards d'euros.

Dès lors comment parvenir à l'objectif fixé ? Pour le candidat de En marche !, la réduction du reste à charge passe par davantage de transparence et de concurrence, et un "travail concerté avec les professionnels de santé, afin de paramétrer les coûts". "Pour parvenir à cette meilleure prise en charge, les complémentaires santé pourraient alors quitter, comme elles le réclament de longue date, leur statut de "payeur aveugle" et devenir des cogestionnaires du système de santé aux côtés de l'assurance maladie", estime Le Monde.

"En devenant une instance de copilotage du système de santé, l'agence de régulation annoncée par François Fillon représente une inflexion considérable du système de santé ", explique, dans Le Monde, le directeur général de la Mutualité Française, Albert Lautman.

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John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)