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Objets connectés : un choix de société

"Faut-il avoir peur du big data ou du quantified self ?", s'interroge Libération qui consacre tout un dossier (pages 2 à 5) à l'essor fulgurant des objets connectés, vecteurs de ces "mégadonnées" et du "soi automesuré" ?

"Surveiller jour après jour son rythme cardiaque ou sa tension (...) vérifier la qualité de son sommeil… bref mettre sa vie en données pour mieux la contrôler : telle est la promesse du quantified self", explique le quotidien, qui constate la multiplication des objets connectés : bracelets, tensiomètres, balances et autres montres intelligentes conçus pour enregistrer nos faits et gestes 24 heures sur 24.

Un marché "à tout le moins prometteur", puisqu'il pourrait se chiffrer à 26 milliards de dollars d'ici 2017, d'après le cabinet américain Research2guidance. Ainsi, 45,7 millions d'accessoires électroniques devraient se vendre en 2015, "soit plus du double de 2014". En 2019, le nombre d'objets connectés vendus pourrait atteindre 126,1 millions.

"Au risque de voir traqué le moindre de nos petits écarts ?", s'interroge le quotidien, qui évoque la potentielle utilisation de ces données par des assureurs qui voudraient pouvoir moduler la tarification de leurs contrats, en fonction de leur mode de vie. C'est déjà le cas aux Etats-Unis où des compagnies d'assurance proposent "un nouveau type de contrats donnant-donnant". Il consiste à allouer des bonus à leurs clients qui acceptent de porter un traqueur d'activité et d'en partager les données.

Un scénario peu probable en France où "la Cnil veille" à l'utilisation vertueuse des données de santé. "Pour l'heure, le “bien-être connecté” sert de produit d'appel" aux complémentaires, qui misent sur la prévention et le développement d'outils en lien avec les professionnels de santé, indique Libération.

Pour le quotidien, l'utilisation des données de santé nous placent, plus largement, face à un "choix de société". Autrement dit, souhaitons-nous "réduire le réel et l'humain en quantités mesurables" ? L'homme hyperconnecté peut-il devenir "esclave de ces technologies" ? Et en amenant chacun à être en charge de son propre bien-être et de sa santé, ne court-on pas "un risque de minimisation des causes sociétales" ? Reste à savoir, donc, "jusqu'à quel point cette quantification du quotidien réduira nos comportements à des conseils délivrés par des algorithmes", conclut Libération.

A lire aussi – Famille : fin des allocations universelles

Les Echos et Le Parisien/Aujourd'hui reviennent ce matin sur la modulation des allocations familiales, qui interviendra le 1er juillet. "La part des prestations familiales modulées en fonction du revenu passera de près de 20% à 60% du total", notent Les Echos (page 4). Chaque année, les seules allocations familiales représentent 12,9 milliards d'euros sur les 32,2 milliards de prestations distribués aux foyers."Dans les faits, seuls 10% des 5 millions de bénéficiaires des allocations familiales subiront une division par deux ou quatre de l'aide mensuelle", indique le quotidien économique. 505.000 familles seraient concernées, c'est-à-dire moins que les 600.000 initialement estimées par le gouvernement. La mesure, contenue dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2015 affectera surtout les familles les plus aisées, souligne Le Parisien/Aujourd'hui (page 10).

A partir du 1er juillet donc, la modulation des allocations fera varier les aides reçues en fonction des revenus, mais aussi de l'âge des enfants. "Un couple avec deux enfants gagnant plus de 6.000 euros net par mois verra ses allocations divisées par deux, et elles le seront par quatre pour un couple avec deux enfants gagnant plus de 8.000 euros (…). Les plus pénalisées seront les familles nombreuses."

La majoration que percevaient les familles de trois enfants et plus lorsqu'un enfant atteignait 14 ans sera revue elle aussi à la baisse. En tout, les économies attendues par le gouvernement pourraient atteindre 865 millions en année pleine.

Sophie Lecerf

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)