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Nouvelle offensive contre le tiers payant généralisé

Leur grève de la semaine passée n'y aura rien fait : la généralisation du tiers payant à partir de 2017 de­meure toujours contestée chez les médecins. Comme l'écrit Le Parisien/Aujour­d'hui (pages 2 et 3), les praticiens redoutent que cette réforme "ne soit synonyme de surcroît de travail administratif, de surveillance accrue, de dévalorisation de leur profession et de surconsommation médicale".

Trois idées sont associées au principe de "tiers payant intégral généralisé obligatoire", rappelle le quotidien. Le "tiers payant" signifie que les frais de soins sont payés par un tiers, comme l'assurance maladie ou les complémentaires santé. Ensuite, le terme "intégral" veut dire que ces deux dernières entités sont impliquées dans le remboursement. Enfin, la notion de "généralisé obligatoire" engage le médecin à appliquer le dispositif quels que soient ses patients. A l'image de ce qu'il fait déjà pour les titulaires de la couverture maladie universelle (CMU), de l'aide médicale d'Etat (Ame) ou qu'il fera prochainement pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (ACS).

Malgré les avantages de ce dispositif – "pas d'avance de frais pour les patients, simplification pour les médecins qui n'auront pas à s'occuper de percevoir leurs honoraires, économies pour l'assurance maladie et soulagement des urgences hospitalières…", énumère Le Parisien/Au­jourd'hui –, les syndicats de médecins veulent poursuivre le mouvement de protestation qui s'est terminé le 31 décembre. Après la fermeture des cabinets et la grève des gardes, indique La Croix (page 6), la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), principal syndicat de médecins, appelle à une nouvelle "série d'actions à la fois nationales et locales".

Principales actions préconisées : la grève administrative totale. Afin d'encombrer la Sécurité sociale, les médecins sont ainsi "invités à envoyer tous leurs formulaires à l'assurance maladie par la poste (accidents du travail, déclarations de médecin traitant, demandes d'entente préalable…)" et à ne plus prendre la carte Vitale des patients tant que cela ne "sera pas un obstacle aux soins". Enfin, la CSMF annonce des actions "spectaculaires" dans les prochains jours "en direction des agences régionales de santé et des caisses". De son côté, le syndicat de généralistes MG-France demande aux médecins de garder demain leur cabinet fermé.

Ces nouveaux appels à la protestation seront-ils suivis par la profession ? Rien n'est moins sûr. Surtout qu'"un bilan officiel jette le doute" sur la première vague de mobilisation de médecins, observent Les Echos (page 4). En effet, poursuit Le Monde (page 8), malgré la grève lors de la période des fêtes, 9 millions de feuilles de soins ont été télétransmises par les médecins libéraux, un chiffre légèrement supérieur à celui de 2013 et de 2012. Interrogé ce matin dans le 7-9 de France Inter, le président de la République a dit comprendre l'inquiétude des médecins et souhaite que la mise en place du tiers payant généralisé se traduise par un système "simple".

A lire aussi – Record de fraudes à l'assurance maladie

Selon le bilan annuel de la Délégation nationale à la lutte contre la fraude, rapporté par Le Parisien/Aujourd'hui (page 10), les fraudes sociales (maladie, famille, retraite) se sont élevées à 636 millions d'euros en 2013. De son côté, la fraude aux prestations d'assurance maladie a représenté 174,64 millions d'euros, soit une hausse de 12% en un an. "L'année précédente, ajoutent Les Echos (page 4), la progression était encore plus forte (+17%), mais elle faisait suite à trois années de baisse." Cette somme "a beau être la plus importante en cinq ans, elle ne pèse toutefois qu'un millième des dépenses d'assurance-maladie constatées (173,8 milliards)".

Le montant du préjudice subi est particulièrement élevé pour deux catégories de professionnels, poursuit le quotidien. Chez les infirmiers (18,3 millions) et plus particulièrement du côté des transporteurs sanitaires (ambulances, taxis) où l'addition a en effet bondi de 28% en 2013, pour atteindre un total de 17,6 millions d'euros.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)