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Nouveau débat sur les 35 heures

"Un pas en avant, deux pas en arrière", titre Le Parisien/Aujourd’hui (page 10) au sujet du changement de ton de Nicolas Sarkozy sur les 35 heures. Hier, devant les parlementaires, le président de la République a en effet précisé qu’"il n’est pas dans l’intention du gouvernement de supprimer la durée légale du travail", comme il l’avait laissé entendre la veille lors de son "grand oral" face à la presse.

Sans "revenir sur un acquis social" mais tout en permettant de gagner plus, l’objectif de Nicolas Sarkozy est du coup plutôt flou, laissent entendre Les Echos (page 2). Le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, a d’ailleurs renforcé hier cette impression à l’issue du Conseil des ministres en déclarant : "On est d’autant moins pour supprimer cette durée qu’on est favorable aux dispositifs des heures supplémentaires."

"La question clef, à laquelle l’exécutif ne répond pas encore, est de savoir si le déclenchement des heures supplémentaires (et donc des majorations) pourra, ou non, se faire au-delà de 35 heures par accord d’entreprise", se demandent Les Echos.

Avec son intention de "déroger à cette durée légale, à condition de signer avec les syndicats un accord majoritaire qui garantit une amélioration de la situation des salariés", Nicolas Sarkozy a clairement ouvert le débat, explique La Tribune (page 25).

Pour assurer la défense de la réduction du temps de travail (RTT) mise en place par le gouvernement Jospin, Libération (pages 2 à 4) dresse le "vrai bilan des 35 heures". Pour cesser de traiter ce dispositif d’un "point de vue seulement idéologique", le journal se penche sur les "sept idées reçues" que suscite cet aménagement du temps de travail.

Ainsi, commence Libération, il est faux de dire que les 35 heures n’ont pas créé d’emplois. Au contraire, 350.000 postes auraient été créés entre 1998 et 2002. Les PME y ont d’ailleurs accès, contrairement à un autre a priori.

Les RTT coûtent-elles cher à l’Etat ? C’est une réalité. "En 2008, les allégements de charges liés aux 35 heures vont coûter 21,4 milliards", confesse ce quotidien. Mais elles n’ont pas rendu les Français paresseux pour autant. Avec 35,9 heures par semaine en moyenne, ils travaillent notamment davantage que les Anglais (35,7 heures) ou que les Allemands (35,8 heures). Quant à la productivité, a récemment constaté l’Insee, elle n’a pas diminué. Elle est même de 16,5% supérieure à la moyenne de l’Europe des Quinze.

Les RTT sont toutefois responsables de deux situations évidentes, ajoute Libération. Elles ont fait stagner les salaires et "elles ont semé la zizanie à l’hôpital". Mais dans ce dernier cas, "les 35 heures n’ont fait que radicaliser" un problème lié à la création d’emplois, faute de candidats ou de financement.

A lire aussi dans la presse - Le coût des franchises

Une semaine après l’entrée en vigueur des franchises médicales, la chaîne Public Sénat a organisé hier soir un débat sur le sujet. Invité en direct sur le plateau de "Bouge la France", le directeur général de la Mutualité Française, Daniel Lenoir, a réitéré les réserves du mouvement sur ce dispositif pénalisant pour les assurés. Ces trois franchises, "bien que cela ait été présenté ainsi, seront un non-remboursement et non pas une recette", a-t-il d’abord rappelé. L’argument selon lequel elles permettront de financer notamment le plan Alzheimer n’est donc pas valable. Par ailleurs, le dispositif ne responsabilisera en rien les patients, comme l’a prétendu le gouvernement. En effet, les malades ne sont pas responsables ni des prescriptions de médicaments, ni des prescriptions d’actes paramédicaux, a noté Daniel Lenoir. De leur côté, les médecins n’allégeront probablement pas leurs ordonnances, d’où l’inefficacité de ce dispositif.

Au passage, le directeur général a rappelé que la franchise de 1 euro sur les consultations, mise en place en 2004, n’avait pas engendré de diminution de la consommation. Aujourd’hui, c’est bien l’accès aux soins qui est rendu encore un peu plus difficile. Le plafonnement annuel de 50 euros pour les trois nouvelles franchises n’est pas une garantie suffisante pour gommer ce problème. "Bien sûr, on peut penser que 50 euros ce n’est pas beaucoup. Mais il faut savoir que la première franchise sur le forfait de 1 euro est déjà plafonnée à 50 euros. Cela fait donc 100 euros. Qu’on ne dise pas que ce n’est pas une somme pénalisante pour les ménages", relève Daniel Lenoir.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)