croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Nicolas Sarkozy justifie les franchises

A la veille de la fête de la musique, le président de la République a orchestré la politique du nouveau gouvernement de François Fillon. Nicolas Sarkozy a réuni mercredi les parlementaires de sa majorité à l'Elysée. Pour Le Figaro (pages 6 et 7), cette opération, "jamais vue sous la Ve République", avait pour but de lancer son quinquennat "par un discours fondateur" et cohérent vis-à-vis de ses promesses de campagne et notamment de son projet économique et fiscal.

"Pendant un peu plus d'une heure, les 344 députés et 160 sénateurs de la majorité ont écouté, religieusement, la parole présidentielle", explique ce quotidien. Une parole d'ailleurs reprise dans le journal de 20 heures de TF1, où Nicolas Sarkozy s'est fait "pédagogique" pour expliquer aux Français les grandes réformes qui vont être engagées.

Ainsi, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3), tout en exposant les 10 urgences de son mandat, le président en a profité pour mettre "les choses au clair" sur certaines décisions mal accueillies par l'opinion. La TVA sociale et la franchise médicale en font incontestablement partie.

"Loin d'enterrer le débat", précise La Tribune (page 14), Nicolas Sarkozy prévient que la TVA sera bien "expérimentée" et si "cette expérimentation est réussie", elle sera généralisée. Au contraire, "si la TVA sociale n'est pas efficace contre les délocalisations, si la TVA sociale n'est pas bonne pour l'emploi et le pouvoir d'achat, on ne fera pas la TVA sociale", a-t-il expliqué, relève Libération (pages 2 à 7).

Dans le même sens, indiquent Les Echos (pages 2 et 3), "pas question de renoncer" non plus aux franchises non remboursées sur les soins. Le chef de l'Etat compte bien "mettre sur la table la question" mais avoue pour le moment qu'il "n'a pas tranché sur l'ampleur et la nature du dispositif". Le gouvernement devrait afficher ses intentions lors de la commission des comptes de la Sécurité sociale qui se tiendra le 4 juillet, prévient le journal économique.

Selon Le Figaro, "si l'on demande davantage aux Français, ce ne sera pas pour boucher le trou de la Sécu" mais pour financer de nouvelles dépenses. La lutte engagée contre le cancer et la maladie d'Alzheimer ainsi que le développement des soins palliatifs réclament à eux seuls "un effort supplémentaire". Nicolas Sarkozy s'est voulu apaisant sur la mise en oeuvre de ce projet dont les "modalités sont ouvertes". "Peu importe que les franchises soient annuelles ou à l'acte, qu'elles soient assurables ou pas, on discutera de tout y compris du montant", a déclaré le président. Ce sera "aux partenaires sociaux et à l'assurance maladie d'en débattre", précise-t-il.

Le chef de l'Etat a assuré que les sommes récoltées ne serviront pas à combler le déficit de l'assurance maladie dont le passif devrait largement dépasser les 3,9 milliards d'euros prévus en septembre dernier. Pour résorber ce trou, Nicolas Sarkozy compte sur le plan de redressement proposé il y a deux jours par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) afin de lutter contre "la fraude, les gaspillages et les redondances".

Les mesures proposées sont d'ailleurs critiquées par Pierre-Yves Geoffard, chercheur au CNRS, dans une tribune de Libération (page 21) titrée : "Une rustine de plus pour la Cnam". Le plan "ne s'attaque pas aux causes de la dérive", regrette-t-il…

Des patients sollicités


Dans le rapport que vient de publier le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (HCAAM), il apparaît que les patients, tout comme leur complémentaire santé, contribuent de plus en plus au financement de leurs soins. En effet, indique Le Figaro (page 19), "le reste à charge des patients ou de leur complémentaire santé (mutuelles, assurances) a augmenté de près de 2 milliards d'euros depuis 2004, du fait notamment de déremboursements de médicaments".

Selon Le Parisien/Aujourd'hui (page 4), les mutuelles, les assureurs et les institutions de prévoyance auraient pris en charge 1 milliard d'euros sur la même période. Cette augmentation du reste à charge s'explique notamment par l'instauration du forfait d'un euro par acte médical, la pénalisation tarifaire des patients qui n'ont pas de médecin traitant, ainsi que la hausse du forfait journalier hospitalier, passée de 13 à 16 euros entre 2004 et 2007.