Nicolas Revel pressenti pour diriger la Cnam

L’actuel secrétaire général adjoint de l’Elysée, Nicolas Revel, devrait prendre les rênes de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) le 18 novembre, annoncent Les Echos (page 3). C’est en tout cas la proposition des ministres chargés de la Sécurité sociale, Michel Sapin et Marisol Touraine, a appris lefigaro.fr auprès du ministère des Affaires sociales. Nicolas Revel prendrait ainsi la succession de Frédéric van Roekeghem, qui a été directeur général de la Cnam pendant dix ans. Ce dernier avait fait savoir en septembre qu’il rejoindrait un courtier en assurances, spécialisé en santé.

"Novice sur les questions de santé, Nicolas Revel pourrait donc coiffer sur le poteau trois candidats dont les noms circulaient depuis plusieurs semaines pour reprendre ce poste hautement stratégique", notamment celui de Bruno Maquart, directeur de cabinet de Marisol Touraine, souligne le site Internet du Quotidien du médecin.

"Tout n’est pas encore réglé", ajoutent Les Echos : lors de sa réunion du 6 novembre, le conseil de la Cnam devra aussi désigner un nouveau président, le mandat de Michel Régereau (CFDT) arrivant à son terme. Et le conseil peut mettre son veto à la nomination de Nicolas Revel comme directeur général, par une majorité des deux tiers. "Mais la probabilité est mince", estime le quotidien économique. Cette désignation sera ensuite présentée en Conseil des ministres et officialisée par décret avant le 18 novembre.

Agé de 47 ans, Nicolas Revel est le fils de l’écrivain Jean-François Revel et de la journaliste Claude Sarraute. Enarque, il a rejoint l’Elysée en mai 2012, après l’élection de François Hollande, comme secrétaire général adjoint, en tandem avec Emmanuel Macron. A sa sortie de l’Ena, en 1993, il avait fait ses premières armes à la Cour des comptes, dont il est conseiller maître depuis 2010, avant de devenir conseiller technique au cabinet du ministre de l’Agriculture Jean Glavany (2000-2002). Il a aussi été directeur de cabinet de l’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë.

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Le gouvernement a annoncé hier une série de mesures visant à faciliter la vie administrative des entreprises et des citoyens, qui devrait permettre d’économiser 11 milliards d’euros d’ici à 2016, indique Libération (pages 10 et 11). Le premier ensemble de mesures vise à simplifier la vie quotidienne des Français. A titre d’exemple, la carte Vitale pourra désormais être demandée en ligne, de même que l’aide au logement, précisent Les Echos (page 4). Le paiement de la cantine scolaire et des amendes pourra aussi se faire sur Internet. Le président de la République a également mentionné la possibilité de s’inscrire sur les listes électorales jusqu’à un mois avant le scrutin.

La deuxième série de mesures se fixe comme objectif de faciliter l’embauche et de "sécuriser les entreprises par rapport à leurs obligations en matière de droit du travail". Parmi les points concernés figure la médecine du travail. Ainsi, détaille Le Figaro-économie (page 19), "dans le cadre de la médecine du travail, la visite médicale obligatoire pourrait être confiée au médecin traitant". François Hollande a souligné que cette visite "n’est réalisée que dans 15 % des cas" et "peut relever de la formalité impossible", du fait d’un manque de médecins du travail ou de contrats courts. "Mieux vaut limiter et cibler", a-t-il estimé.

Des syndicats voient dans cette disposition un "déni complet" du rôle "essentiel" du médecin du travail. La CFE-CGC se dit "offusquée" par "le projet de simplification administrative qui prévoit de déléguer cette visite au médecin généraliste", note Le Figaro-économie. Pour Force ouvrière, un éventuel transfert vers le médecin traitant est "inadmissible". "La médecine du travail est une spécialité à part entière et son désengorgement impose des recrutements", estime FO.

John Sutton

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