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Pourquoi les mutuelles étudiantes réclament un sursis

Les mutuelles étudiantes seront prochainement intégrées au régime général de la Sécurité sociale. Le calendrier n'est pas encore fixé, mais la Smerep demande du temps pour s'adapter.

"Résigné à l'adossement des mutuelles étudiantes au régime général de la Sécurité sociale", Hadrien Le Roux, président de la Smerep, réclame ce matin dans les colonnes des Echos "le même délai que le RSI" pour réaliser cette opération. L'intégration du régime social des indépendants (RSI) au régime général est inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2018, rappelle le quotidien économique.

Concernant les étudiants, la mesure ne figure pas dans ce texte, mais "la date de septembre 2018 a été évoquée par les conseillers ministériels devant les organisations étudiantes".

Ce qui laisse aux mutuelles une marge de manœuvre assez courte pour s'adapter, déplore le président de la Smerep : "Nous avons construit nos services en quarante-cinq ans ; deux ans nous paraissent un temps convenable pour travailler avec le régime général dans l'intérêt des étudiants."

La population étudiante est en effet spécifique, précise-t-il. Le fonctionnement du système de soins leur est souvent étranger et les formalités administratives peuvent leur paraître insurmontables. D'où la nécessité de les informer pour qu'ils s'affilient sans difficulté.

Il leur est par exemple nécessaire de savoir, écrivent Les Echos, que "lorsqu'ils demandent l'affiliation, ils n'ont qu'un mois pour mettre à jour leur carte Vitale. S'ils traînent, elle est invalidée, il faut alors rouvrir un dossier, et renvoyer le formulaire en quinze jours ouvrés... ou bien repartir de zéro".

Par ailleurs, les étudiants ont un faible niveau de ressources : en moyenne, ils vivent avec 380 euros mensuels. Souvent incapables de faire une avance de frais pour des soins, ils peuvent obtenir de leur mutuelle un virement immédiat en se rendant à l'accueil. D'où les doutes du président de la Smerep : "J'attends de voir comment les Cpam vont assurer l'accueil des étudiants en huit langues, jusqu'à 20 heures le jeudi, et toute la journée le samedi."

C'est pourquoi Hadrien Le Roux plaide pour la création d'un "statut unique de l'étudiant", lequel leur permettrait d'être des ayants droit autonomes, indépendants vis-à-vis de leurs parents, et leur éviterait des allers et retours entre les régimes sociaux, même s'ils occupent une activité salariée en parallèle à leurs études.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)