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Mutuelle d’entreprise : un bilan en demi-teinte

Quel bilan tirer de la généralisation des complémentaires à toutes les entreprises depuis la mise en œuvre, au 1er janvier 2016, de l'accord national interprofessionnel (Ani) du 11 janvier 2013 ?

Pour Le Monde Argent & placement, qui consacre un long dossier au sujet, c'est un constat "en demi-teinte", et pas seulement parce que les entreprises dépourvues de contrats santé pour leurs salariés sont encore nombreuses.

Lorsque le choix de la complémentaire santé a été arrêté, ce n'est pas forcément sur une "couverture au rabais", constate Le Monde, même si les TPE semblent avoir privilégié ce type de contrat pour ne pas trop peser sur leurs marges.

En effet, la moitié des entreprises ont "opté pour des offres plus protectrices pour leurs employés". Une "générosité" qui trouve principalement son origine dans les accords de branche négociés par les partenaires sociaux, lesquels ont privilégié "des couvertures plus élevées" et adaptées aux corps de métiers représentés.

"La profession ne s'attendait pas à ce qu'il y ait autant d'accords de branche, explique Christophe Scherrer, directeur général adjoint de Malakoff Médéric. Sur l'ensemble de nos entreprises clientes, moins de 20% ont choisi le panier de soins minimal." L'avantage de ces accords : des garanties intéressantes pour les salariés, avec un coût maîtrisé par l'entreprise, en raison de la mutualisation qu'ils permettent. Et l'accès à des services complémentaires, souvent en lien avec la prévention.

Ceux à qui l'on a proposé un contrat de base plutôt peu protecteur en matière d'optique et de prothèses dentaires ont la possibilité de le compléter en souscrivant des garanties supplémentaires, poursuit le quotidien. A l'aide de ces options, on peut aussi associer à son contrat ses enfants et son conjoint.

"Mais ici, prévient Le Monde, gare aux prix", car le tarif de ces surcomplémentaires payés en totalité par le salarié risque d'être élevé, certains assureurs pouvant être tentés de "se rattraper" sur ces options.

Les tarifs à "prix cassés" des couvertures de base pourraient eux aussi augmenter dans les mois à venir. C'est ce que Philippe Dabat, directeur général délégué chez AG2R La Mondiale, appelle le "second tour de l'Ani".

Pour l'heure, "nous n'avons pas encore le recul nécessaire pour comparer les prix pratiqués au sein des entreprises", estime Mathieu Escot, responsable des études à l'UFC-Que choisir, qui pressent malgré tout une possible surenchère sur les options.

Enfin, rappelle le quotidien la réforme de la complémentaire santé laisse de côté certaines catégories de population. "Pour tous les exclus de la réforme, les indépendants, auto-entrepreneurs, chômeurs, seniors", l'accès à la complémentaire est d'autant plus difficile, et le jeu des mutualisations, bouleversé par l'Ani, pourrait avoir un impact sur leurs cotisations dès 2017.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)