Médicaments : polémique sur les stratégies des laboratoires

Les pratiques de certains laboratoires sont dans la ligne de mire de la Haute Autorité de santé (HAS). En particulier en ce qui concerne les prix des médicaments anticancéreux.

"Face à l'envolée du prix de certains médicaments innovants, la contre-attaque s'organise", annonce ce matin Le Parisien, qui précise que c'est à présent sur le terrain juridique que la guerre va être menée. En particulier à Munich (Allemagne), au siège l'Office européen des brevets, où l'association Médecins du monde s'apprête à réclamer l'annulation du brevet du Sovaldi — un traitement contre l'hépatite C qui coûte 41.001 euros par patient.

Vendredi 30 septembre 2016, lors de la Convention on Health Analysis Management (CHAM) qui s'est tenue à Chamonix (Haute-Savoie), la Pre Agnès Buzyn, présidente du collège de la Haute Autorité de santé (HAS), a, pour sa part, dénoncé "les nouvelles pratiques de certains laboratoires pour accroître leurs profits", indique Le Parisien.

Et de citer, notamment, le tarif réclamé par le laboratoire Roche pour son traitement anticancéreux Avastin. Facturé 44.500 euros, celui-ci ne permet qu'un gain de trois mois d'espérance de vie.

Même pratique de la part de BMS, fabricant du Yervoy, un autre anticancéreux facturé, lui, beaucoup plus cher : 105.000 euros. "Je ne peux pas croire que les coûts de recherche et développement ont été multipliés par 2,5 en six ans...", a ironisé l'ex-présidente de l'Institut national du cancer (Inca).

Autre stratégie, déplorée par Agnès Buzyn : les laboratoires "présentent un nouveau médicament en ciblant une maladie orpheline. Comme peu de patients sont concernés, un bon prix de remboursement est accordé. Ensuite, ils multiplient les indications pour d'autres pathologies et on se retrouve avec un médicament utilisé par un nombre de patients beaucoup plus élevé et un prix de remboursement inchangé".

Le nœud du problème réside donc dans la fixation des prix, ce à quoi vont s'attaquer prochainement les pouvoirs publics, annonce Le Parisien/Aujourd'hui.

"Entre la baisse de prix annoncée et la baisse des volumes attendue grâce à des prescriptions médicales plus efficientes, le coup de rabot devrait s'élever à 1,6 milliard d'euros", écrit le quotidien.

La HAS, chargée d'évaluer les médicaments, va de son côté réfléchir à un nouveau modèle d'ici à la fin octobre. Parmi les pistes les plus sérieuses envisagées : "Le prix d'un médicament pourrait être différent selon l'indication dans laquelle il est utilisé."

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Frédéric Lavignette

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