Médicament « non substituable » : mention indésirable !

Les médecins qui abusent de la mention "non substituable" dans leurs prescriptions de médicaments pourraient se voir sanctionnés en fin d’année. C’est en tout cas l’un des aspects du plan d’économies annoncé mardi par l’assurance maladie devant des représentants de pharmaciens d’officine.

Selon Le Figaro (page 20), le directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), Frédéric van Roekeghem, a indiqué que cette "campagne ciblée pour identifier les utilisations atypiques" de cette formule sera lancée au deuxième et troisième trimestre de l’année. Il s’agit de débusquer les médecins qui en usent régulièrement dans le but d’interdire au pharmacien un échange du médicament princeps, prescrit par le praticien, par un générique, moins coûteux et tout aussi efficace.

Des sanctions financières sont envisagées à compter du quatrième trimestre, précise-t-on à l’assurance maladie. Il faut dire, écrit Le Figaro, que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, "attend beaucoup du développement de ces médicaments à bas coût, mais identiques aux originaux, pour réaliser 10 milliards d’euros d’économies dans la santé d’ici à 2017".

Selon Le Figaro, l’année 2013 fut une "très bonne année" pour les génériques, grâce en particulier à la mise en place du dispositif "tiers payant contre génériques", qui prive les patients du bénéfice de l’avance de frais en officine s’ils refusent la substitution de leurs médicaments. Mais depuis, la vente des génériques est désormais en recul.

Du côté des médecins, le projet de sanctionner les médecins résistant aux génériques est déjà contesté. Pour Jean-Paul Ortiz, le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), "l’assurance maladie ne doit pas s’immiscer dans la prescription du médecin".

 

L’e-cigarette détrône le tabac chez les jeunes

Il y a quelque temps encore, le Pr Bertrand Dautzenberg reprochait à la cigarette électronique d’inciter à fumer. Depuis l’étude qu’il vient de conduire auprès de plus de 13.000 collégiens et lycéens parisiens, le président de l’Office français de prévention du tabagisme est revenu sur cette opinion. Grâce à elle, admet-il, "le tabac est devenu un produit sale et ringard".

Selon cette enquête baptisée "Paris sans tabac" – et dont Le Parisien/Au­jourd’hui (pages 10 et 11) révèle les résultats –, la "e-cigarette" a connu un succès immédiat chez les adolescents. Et pas seulement chez eux, puisqu’en 2014, plus de 90% des fumeurs l’avaient déjà expérimentée, au même titre que 23% de non-fumeurs.

Chez les jeunes, l’initiation à la cigarette électronique débute dès 12 ans, pour battre son plein chez les 16-17 ans indique le quotidien. En un an, le taux de ces nouveaux expérimentateurs a doublé, pour atteindre un taux de 53%.

A cause de ce succès, le tabac semble pâtir d’une baisse de consommation chez les élèves. Selon l’enquête, le nombre d’élèves allumant une cigarette passée la porte de leur établissement a réduit de façon significative. Quand 20% des 12-15 ans fumaient en 2011, ils ne sont plus désormais que 11,2 %. Même dynamique au lycée, où 33,5 % des élèves fument en 2014, contre 42,9 % en 2011.

Ces résultats sont rassurants mais ne prouvent en rien que les jeunes prennent durablement leurs distances avec le tabac. Car ce recul de la consommation de cigarettes est peut-être également dû aux récentes augmentations de prix. Quelle que soit la cause, estime Béatrice Le Maitre, tabacologue à l’hôpital universitaire de Caen, "si l’entrée dans le tabagisme a au moins reculé, on peut s’en réjouir".

Frédéric Lavignette

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