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Mediator : Servier renvoyé en correctionnelle

Dans l'affaire du Mediator, le laboratoire Servier a été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour "tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d’influence". L'Agence nationale du médicament (ANSM), pour sa part, devra répondre de "blessures et homicides involontaires".

"Le procès de l’affaire du Mediator aura bien lieu, au terme d'un bras de fer juridique de plus de six ans", annonce ce matin Le Parisien.

Selon l'information d'une source juridique, révélée hier sur  France Inter, "les juges d’instruction ont renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris les laboratoires Servier et l’Agence du médicament", complète Le Monde, rappelant que ce procès se tiendra "en l’absence du principal protagoniste, Jacques Servier, fondateur des laboratoires, mort en 2014 à 92 ans".

Pas moins de 14 personnes ainsi que plusieurs sociétés du groupe Servier devraient être jugées dans cette affaire. "Elles sont soupçonnées d’être impliquées dans le scandale de ce médicament coupe-faim vendu comme un antidiabétique de 1976 à 2009, qui aurait causé la mort de plusieurs centaines de personnes", rappelle Le Parisien.

Dans le détail, écrit Le Figaro sur la base d'une dépêche AFP, les juges ont ordonné "le renvoi en correctionnelle du groupe pharmaceutique pour tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d'influence". L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), pour sa part, est renvoyée devant le tribunal pour "blessures et homicides involontaires".

"J’espère que le procès aura lieu au plus tard l’année prochaine", indique Alain Fraitag, avocat de plus d’une centaine de victimes dans les colonnes du Parisien.

Après des années de "déni de justice" et de "manœuvres dilatoires" du laboratoire, "l’annonce que ce procès va se produire, quoi que puisse faire Servier et sa toute-puissance à la fois financière et d’influence, est un immense soulagement", témoigne la Dre Irène Frachon dans le Télégramme de Brest. Pour cette pneumologue au CHU de Brest, lanceuse d'alerte dans ce scandale sanitaire, ce procès serait une réponse au désespoir des victimes, qui "étaient dans un état de révolte et de souffrance physique et morale effrayants car elles voyaient les années passer et un industriel toujours impuni".’

L'ordonnance de renvoi des juges et le réquisitoire du parquet sont "concordants et accablants", rapporte-elle. "C’est le récit minutieux de 40 ans d’un crime industriel parfaitement organisé, assumé, et qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui".

Quant au renvoi de l'ANSM devant le tribunal, "c’est très important. Il y a eu des progrès, l’ANSM fait des efforts considérables, mais finalement, la complaisance vis-à-vis des conflits d’intérêt perdure dans le monde médical français".

Depuis des années, cette spécialiste met en garde sur la frontière ténue entre lien d'intérêt et conflit d'intérêt. Le renvoi de l’agence du médicament devrait permettre, selon elle, "de tirer les leçons de toutes ces dérives, et de rétablir la confiance de nos concitoyens dans la sécurité sanitaire de leur pays".

 

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Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)