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Mediator® : les victimes réclament réparation

Comment indemniser au mieux les victimes du Mediator® ? Cette question sera au coeur d’une réunion, cet après-midi, entre le ministre de la Santé et les associations de patients et de victimes, indique le quotidien La Croix (page 9). "Il faut une indemnisation à la fois rapide et juste", a déclaré samedi Xavier Bertrand, en ajoutant que toutes les options restaient ouvertes. "Notre souhait est de laisser à chaque victime le choix de la procédure", ajoute-t-il.

Première possibilité : une négociation à l’amiable avec le laboratoire Servier. C’est l’option choisie par l’Association d’aide aux victimes d’accidents de médicaments (Aavam), pour éviter des procédures juridiques trop lourdes. "Cette solution, déjà utilisée dans les années 1980 pour les hémophiles contaminés par le virus du sida, est honteuse, estime dans La Croix Me François Honnorat, avocat de plusieurs victimes du Mediator®. Elle permettrait aux assureurs de Servier de négocier en catimini avec les victimes, en leur faisant signer un bout de papier les engageant à renoncer à toute action en responsabilité contre le laboratoire."

Le choix d’un accord à l’amiable laisse sceptique l’Association des victimes de l’Isomeride® et du Mediator® (Avim) qui rappelle qu’elle a négocié sans succès avec Servier pour obtenir une indemnisation des victimes de l’Isomeride®, un autre coupe-faim fabriqué par Servier en 1985 et retiré de la vente en 1997.

Cette fois-ci l’Avim a choisi la voie pénale en déposant 116 plaintes : 10 pour "homicide involontaire" et 106 pour "blessures involontaires". Quelque 500 autres plaintes devraient être déposées par l’association d’ici à la fin du mois. Des procédures qui pourraient durer jusqu’à cinq ou dix ans.

D’autres avocats privilégient la voie ci­vile, en citant à comparaître Jacques Servier, le fabricant du Mediator®, pour "tromperie aggravée sur la nature, la qualité substantielle et la composition du produit".

La dernière option, choisie par un collectif d’une trentaine d’associations, serait la mise en place d’un "fonds d’indemnisation public", qui, après avoir indemnisé les victimes, se retournera contre les fautifs quand les responsabilités auront été tranchées par les juridictions, rap­porte La Tribune (page 4). "C’est la solution de la sagesse. Il faut que les victimes aient le choix d’aller en justice, mais aussi d’avoir accès à une indemnisation rapide, si elles le souhaitent", plaide, dans La Croix, Christian Saout, président du Ciss.

De son côté, la Mutualité Française a fait savoir le 16 janvier dans un communiqué qu’elle "ne comprendrait pas que la solidarité nationale intervienne en lieu et place du laboratoire Servier", note La Tribune. Le ministre de la Santé avait indiqué samedi qu’il faudrait dégager des moyens supplémentaires pour financer l’expertise médicale publique. "L’absence d’investissements publics suffisants dans les domaines de la formation, de la recherche, du soutien aux publications..., permet à l’industrie pharmaceutique de prendre une place exorbitante qui aliène l’indépendance des prescripteurs", a justement souligné dimanche la Mutualité Française, rapporte Le Monde (page 12).
John Sutton