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Mediator® : des « défaillances graves »

"Il y a de fortes présomptions de défaillances graves dans le fonctionnement de notre système du médicament dans cette affaire", déclare le ministre de la Santé, à propos du Mediator®. Dans un entretien publié dans Le Figaro d’aujourd’hui (page 10), Xavier Bertrand entend faire toute la lumière sur cette affaire. "Comme chacun, je veux tout savoir de ce qui s’est passé depuis la mise sur le marché du Mediator® en 1976. Je veux comprendre pourquoi, malgré certaines mises en garde, malgré une parenté chimique avec des molécules interdites, ce médicament est resté sur le marché pendant trente-trois ans."

Le ministre exige "des recommandations pour transformer notre système de mise sur le marché des médicaments, ainsi qu’un renforcement de la pharmacovigilance". Il se déclare "favorable" aux enquêtes parlementaires, "qui ont un champ d’investigation plus large encore que les seules enquêtes administratives". Xavier Bertrand va proposer que "lorsqu’un médicament est retiré du marché dans un pays du monde, que ce soit à la demande du laboratoire ou des agences sanitaires, tous les autres pays en soient systématiquement informés".

"Mediator® : ces documents qui accusent", titrait en "une" Le Figaro de samedi. Le quotidien révélait les mises en garde sur cet antidiabétique, adressées à l’Agence du médicament, dès 1998, par deux médecins de la Sécurité sociale et un médecin de la Mutualité sociale agricole (MSA). Dans cette même édition, Le Figaro (page 12) publiait également une étude de deux chercheurs de l’Inserm, qui réévalue le nombre de victimes du Mediator® dans une fourchette allant de 1 000 à 2 000 décès. Réagissant rapidement aux révélations du Figaro, le ministre de la Santé a convoqué samedi une réunion des autorités sanitaires, indique Le Journal du Dimanche (pages 2 et 3).

"Il n’y a pas de divergences entre les experts", a répliqué le directeur général de la Santé, Didier Houssin, à l’issue de la réunion. Selon lui, le chiffre de 500 morts, retenu par l’Afssaps, "est une estimation assez solide", mais les deux chiffres ne sont pas contradictoires.

"Certains médecins ont mis en danger la santé de leurs patients", en prescrivant du Mediator® dans la prise en charge de l’obésité, dénonce pour sa part le Dr André Desueur, membre du Conseil national de l’ordre des médecins, dans un entretien au Parisien/Aujourd’hui (page 3). L’Ordre des médecins constate également des détournements de prescriptions d’antidépresseurs, comme le Prozac®, ou l’anxiolytique Diazepam®, utilisés comme coupe-faim, par certains médecins "surtout motivés par le commerce". Des praticiens qui n’ont pas "le courage de dire non" aux demandes de leurs patients.

Maisons de retraite : l’inquiétude de la FHF
Le secteur privé lucratif représente une part croissante de l’accueil en maison de retraite. Dans une note interne de la Fédération hospitalière de France (FHF), révélée par Le Journal du Dimanche (page 16), cette situation risque de poser des problèmes d’accessibilité aux établissements en raison de tarifs plus élevés. "Depuis 2002, le public a perdu 5% des parts de marché, au profit des établissements privés commerciaux", précise la note de la FHF, qui regroupe les responsables de l’ensemble des hôpitaux publics. Entre 2003 et 2007, 61% des places d’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ont été créées par des promoteurs privés.

"Ces créations de places posent le problème de l’accessibilité financière pour les personnes âgées […]. Quand on sait que le niveau moyen des retraites est de 1 200 euros par mois, on mesure l’importance de cette question." Le document souligne que le "reste à charge" du résident est en moyenne de 1 400 euros par mois dans le public et de plus de 2 000 euros dans le privé.

Le JDD restitue ces critiques dans le cadre d’un bras de fer engagé depuis de longs mois entre la Fédération hospitalière de France et le gouvernement sur la politique de "convergence tarifaire". Ce dernier, dans le cadre d’un plan pluriannuel, veut rééquilibrer les dotations budgétaires entre établissements "riches" et "pauvres". Or la FHF considère que ses établissements adhérents, même les "plus riches", ne disposent pas de personnel soignant en nombre suffisant pour prendre en charge des patients de plus en plus âgés et de plus en plus dépendants. Il n’y aurait en effet qu’un "soignant" pour deux résidents, alors que le Plan solidarité du grand âge, lancé en 2006 par Jacques Chirac, prévoyait un "soignant" pour un résident.

John Sutton